TORONTO
Chers frères et sœurs en Jésus Christ,
C'est une joie pour moi de me trouver au sein
d'une assemblée aussi vaste et aussi
enthousiaste de laïcs appartenant à l'Église. Réunis ce soir à Toronto, nous savons que Jésus Christ est
présent parmi nous, car il a dit à ses
disciples: "Que deux ou trois soient réunis en mon nom, je suis là au
milieu d'eux" (Mt 18, 20). Je vous embrasse tous dans la charité du Christ et souhaite à travers vous, une
fois de plus, saluer dans la prière tous les laïcs du Canada: les jeunes
et les vieux, les malades et les bien
portants, les handicapés, les pauvres et ceux qui le sont moins, tous ceux et celles qui, par leur baptême,
sont mes frères et sœurs en Jésus Christ.
Je veux vous entretenir
ce soir de la dignité de votre état de laïcs, et vous rappeler combien vous jouez un rôle
important dans la vie et la mission de
l'Église. Vous contribuez aussi bien à la sainteté de l'Église qu'à sa
mission de salut dans le monde.
Votre dignité: - et la dignité de tous les fidèles - est
enracinée dans le sacrement du baptême. Vous êtes incorporés par le baptême à Jésus Christ
et à son Corps, l'Église. Ce grand sacrement qui purifie du péché originel fait de vous les fils et
les filles de notre Père des Cieux et fait
régner dans vos cœurs l'Esprit de vérité et d'amour. Par cet acte d'amour
de Dieu, vous êtes devenus frères et sœurs en Jésus Christ, participant à son rôle sacerdotal, prophétique et
royal. Ce même sacrement, qui a accompli tout cela en vous, vous fait
participer à la Rédemption et au Mystère Pascal de notre Seigneur Jésus
Christ.
Saint Paul, dans l'Épître aux Romains,
explique avec clairvoyance cet aspect du
baptême: "Baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que tous
nous avons été baptisés; nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ
ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une
vie nouvelle" (Rm 6, 3-4). Le baptême nous met en contact avec la
mort et la résurrection du Christ. Il nous ouvre la vie que le Christ nous a
conquise par son Mystère Pascal.
Par le baptême nous
commençons à vivre dans le Christ, et Il vit en nous. Pour expliquer
cette union si profonde, si étroite et si vitale, saint Paul affirme
simplement: "Pour moi, certes, la vie c'est le Christ" (Ph 1, 20). Telle
est la signification et la réalité de notre baptême: la vie en Jésus Christ - une vie qui nous est
donnée parce que le Christ est mort et
ressuscité, et parce que nous avons pu participer à cette mort et
à cette Résurrection du Seigneur. Mais parce que le Christ est mort, parce
que c'est ainsi qu'il est entré dans sa vie de gloire, nous aussi devons
partager sa mort pour vivre la plénitude de sa vie.
Chers frères et sœurs,
cette vie en Jésus Christ nous emmène sur le chemin de la foi - à travers les
épreuves et les souffrances - jusqu'à la gloire de la résurrection et de la vie
éternelle. C'est notre baptême qui nous introduit à la croix et à la plénitude
de la vie dans le Christ. C'est le Christ lui-même qui nous dit: "Qui ne
prend pas sa croix et ne vient pas à ma suite n'est pas digne de moi"
(Mt 10, 38). Cette dimension également fait partie du baptême: avoir part à
la mort et à la résurrection du Christ.
Le travail que le Saint
Esprit inaugure en vous par le baptême, Il le perfectionne par la confirmation, vous
appelant à partager toujours plus la Sainteté
de Dieu. Ainsi que l'écrit saint
Paul: "Ne savez-vous pas que votre
corps est un temple du Saint Esprit, qui est en vous et que vous tenez de Dieu?" (1 Co 6, 19). Étant le temple
de Dieu, vous recevez les dons particuliers du Saint Esprit: "Charité,
joie, paix, longanimité, serviabilité,
bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi" (Ga 5, 22). Vous ne devez plus être l'esclave des
passions terrestres.
L'égoïsme et le péché ne
doivent pas diriger votre vie, car la victoire que le Christ a remportée
sur le péché et sur la mort s'étend maintenant sur vous. Vous avez la joie et
la liberté d'être des enfants de Dieu, conduits par le Saint Esprit qui habite
en vous.
Vous n'êtes pas exemptés pour autant de
luttes contre le mal, mais vous avez reçu la
promesse que la grâce de Dieu vous aidera à surmonter la tentation et le péché.
Vous trouvez la force nécessaire à cette lutte dans le sacrement de la pénitence. C'est dans ce
sacrement que votre cœur se purifie
par le contact personnel avec le Dieu de sainteté; c'est par le pouvoir de ce
sacrement que la sainteté se répand à travers tout le corps de l'Église.
Un temple est un lieu où
l'on célèbre la louange à Dieu. En tant que temples de l'Esprit
Saint, vous les laïcs au sein de l'Église, êtes appelés à rendre un culte à
Dieu. Vous êtes consacrés pour rendre gloire et louange à Dieu. Cette
responsabilité, vous vous en acquittez principalement par votre participation
active à la célébration de l'Eucharistie. Le deuxième Concile du
Vatican nous dit: "La liturgie est le sommet auquel tend l'action de
l'Église, et elle est en même temps la source d'où découle tout sa vertu. Car les
labeurs apostoliques visent à ce que tous, devenu
enfants de Dieu
par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l'Église, participent au sacrifice, et mangent la Cène du Seigneur (Sacrosanctum Concilium, 10).
Il est important de se
rappeler que la vie liturgique de l'Église appartient à tous les fidèles. Vous,
les laïcs, constituez une importante portion du peuple de Dieu. Il
existe, bien sûr, des rôles différents, des mystères différents,
mais chaucn [sic] est appelé à participer activement à la célébration communautaire
de la Majesté de Dieu. L'un des principaux bienfaits du Concile - inspirés par le besoin
d'un renouveau liturgique - n'est pas seulement d'encourager les laïcs à
assumer des rôles liturgiques importants,
mais également de les encourager à une participation communautaire. L'Église se réjouit de cette évolution qui
a enrichi sa vie et donné davantage conscience aux laïcs de leur dignité
chrétienne et de leur vocation à rendre
hommage à Dieu, en union avec le Christ, par la sainteté de leur vie.
Dans le contexte de la
sainte liturgie, je tiens à dire un mot sur la place particulière qu'occupé le
dimanche dans le rythme hebdomadaire de la vie. Le dimanche est le jour
du Seigneur, de façon très réelle, le jour où l'Église à travers
le monde entier commémore la mort et la résurrection du
Christ. L'Église, dès le début, a voulu sanctifier le jour du Seigneur en
appelant tous les fidèles à se rassembler pour la célébration de l'Eucharistie.
Nous avons tous besoin d'entendre régulièrement la Parole de Dieu et de recevoir
l'enseignement de l'Église, de louer et de remercier Dieu, et d'être nourris du
pain de la vie. Afin de nous imprégnez plus facilement et plus
complètement de l'esprit de fête qui préside au jour du Seigneur, nous devons
l'observer, au meilleur de nos possibilités, comme jour de repos spécial.
La société dans son ensemble doit retrouver,
redécouvrir, le caractère sacré du
dimanche. Nous avons besoin d'un
jour réservé, d'un jour consacré à
nous réjouir de la bonté de Dieu, à adorer le Seigneur ensemble, un jour qui marque une pause dans le rythme effréné de la
vie moderne. Oui, ce culte est une
obligation pour le peuple de Dieu, mais il est par-dessus tout un privilège immense: pouvoir louer et
remercier Dieu, en union avec Jésus
Christ, son Fils, notre Seigneur.
Il y a beaucoup de choses
que vous êtes appelés à faire en tant que chrétiens. A Halifax, j'ai parlé longuement des
divers modes de participation, propres aux laïcs, à la mission de l'Église, j'ai évoqué votre
rôle dans la construction du Corps du Christ
par la justice et la sainteté de votre vie. Ici, ce soir, je voudrais
aussi proposer ces observations à votre
réflexion et à votre prière. Mais, avant tout, je désire attirer votre
attention sur cette grande vérité que tout ce que vous faites trouve son sens dans ce que vous êtes. Et c'est pourquoi
je voudrais proclamer la dignité qui est la vôtre grâce au baptême et à
la confirmation, la dignité qui est la vôtre parce que vous êtes enfants de
Dieu, frères et sœurs du Christ, parce que la vie vous est donnée par la
puissance de sa mort et de sa résurrection.
Le Seigneur Jésus vit en vous, qui êtes laïcat catholique. Il prie en vous, agit par vous et vous fait
partager la sainteté de Dieu. C'est là
ce que voulait dire, il y a quinze siècles, mon prédécesseur Léon le Grand
quand il s'écriait: "Reconnais, ô chrétien, ta dignité!"
Ce don, il vous appartient de le protéger et
de la sauvegarder en vous-même et de
l'honorer dans les autres. Cette conscience de votre identité chrétienne - et
donc de votre mission chrétienne - vous devez la transmettre fièrement à vos enfants. Votre dignité chrétienne doit vous être
dite et redite par la catéchèse, car elle est l'histoire de l'amour
de Dieu révélé en Jésus Christ et perpétué en son Église - perpétué en
vous, qui êtes le peuple saint de Dieu.
Chers frères et sœurs,
"La grâce du Seigneur Jésus soit avec vous. Mon amour est à vous
tous, en Jésus-Christ".
Canadian
Conference of Catholic Bishops