ANGÉLUS DANS LA CATHÉDRALE SAINTE-MARIE
LE 16 SEPTEMBRE 1984
Chers frères et sœurs,
Dans l'Évangile de ce vingt-quatrième dimanche du
temps ordinaire, Pierre demande à Jésus:
"Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner?
Irais-je jusqu'à sept fois? Jésus
lui répond: 'Je ne dis pas jusqu'à sept
fois mais jusqu'à soixante-dix
fois sept fois" (Mt 18, 21-22).
"Soixante-dix sept fois" par cette
réponse le Seigneur veut signifier à Pierre et à nous qu'il ne faut
fixer aucune limite à notre pardon. De même que le Seigneur est toujours disposé à nous
pardonner, nous devons toujours être disposés à nous pardonner les uns les
autres. Et que le besoin
de pardon et de réconciliation est grand dans notre monde contemporain, dans nos communautés et nos
familles, et
même dans notre propre cœur!
C'est
pourquoi le sacrement spécial de l'Église pour le pardon, le sacrement de pénitence, constitue un
don tellement précieux de notre Seigneur.
Dans ce sacrement de la
pénitence, Dieu nous accorde son Pardon de façon très personnelle.
Par le ministère du prêtre, nous nous présentons devant notre Sauveur
avec
notre fardeau de péchés. Nous confessons que nous avons offensé Dieu
et notre prochain. Nous manifestons notre repentir et demandons pardon au
Seigneur. Ensuite, par la bouche du prêtre, nous entendons le Christ nous
dire "Tes péchés te sont remis" (Me 2, 5); "Va, ne pèche plus" (Jn
8, 11). Ne pouvons-nous pas l'entendre aussi prononcer, alors que nous sommes
remplis de sa grâce salvifique: "Accorde aux autres, soixante-dix fois sept
fois ce même pardon et cette même miséricorde?"
Telle est la tâche de l'Église en tout temps - et le
devoir de chacun d'entre nous - "de professer et de proclamer la
miséricorde divine dans toute sa vérité" (Dives in Misericordia,
13), d'accorder à ceux et celles que nous rencontrons chaque jour le même pardon illimité
que nous avons reçu du Christ.
Nous
pratiquons la miséricorde également lorsque "nous nous
supportons
les uns les autres avec charité, en toute humilité, douceur et
patience"
(Ép, 4, 2). Nous
témoignons également
de la miséricorde divine par un
service
généreux et inlassable, tel que le soin des malades ou la conduite,
avec
persévérance et dévouement, de la recherche médicale.
En ce jour du Seigneur
où nous célébrons la plus belle expression de l'abondante miséricorde
de Dieu -
la Croix et la Résurrection du Christ -louons notre Dieu qui est si riche
en miséricorde. Et, imitant son grand amour, pardonnons à tous ceux et
celles qui ont pu nous offenser. Avec la Très Sainte Mère de Dieu, nous
proclamons la miséricorde de Dieu, qui s'exprime de génération en
génération.
Canadian
Conference of Catholic Bishops