DOCUMENT INFORMATIF
PRÉPARÉ PAR L’ORGANISME CATHOLIQUE POUR LA VIE ET LA FAMILLE (OCVF)
Les questions les plus
fréquemment posées quant au fait d’accorder
aux partenaires de même
sexe le droit juridique de se marier
Note : Plusieurs des réponses aux questions suivantes
sont prises à partir du Mémoire de la Conférence des évêques catholiques du
Canada (CECC) sur le mariage, déposé devant le Comité permanent de la Justice
et des droits de la personne, lors des audiences publiques du 13 février 2003.
Le texte complet du Mémoire est disponible sur le site Internet de l'OCVF sous
la rubrique « Prises de parole » et sur le site de la CECC :
http://www.cccb.ca
1-
Comment
peut-on affirmer que le rôle central du mariage soit la procréation alors que
ce ne sont pas tous les couples mariés qui ont des enfants, que les enfants ne
naissent pas tous au sein d’un mariage et qu’avec l’aide des nouvelles
technologies et l’intervention d’un tiers du sexe opposé, les unions entre
partenaires de même sexe peuvent avoir des enfants?
Le fait
que certains couples mariés n’aient pas d’enfants, soit à cause d’un problème
d’infertilité ou par choix personnel, cela ne détermine pas la finalité ou le
but de l'institution du mariage. Les exceptions n’invalident pas la preuve
d’une règle; et les pratiques individuelles n’invalident pas les objectifs
d’une institution; des variations ne nivellent pas une norme.
Quelles
que soient les idéologies, les tendances sociales de l'heure et les
possibilités des nouvelles technologies, il demeure que la réalité biologique
inhérente au mariage entre une femme et un homme, qu’un jour ou l’autre un
enfant puisse être conçu, reste
inchangée.
2-
Le
but du mariage n’a-t-il pas évolué au fil des ans en ce sens que le viol n’est
plus toléré sous le couvert d’un mariage et que le droit familial s’est
développé de manière à reconnaître l’égalité entre les époux? Est-ce
qu’aujourd’hui le but du mariage s’est déplacé de la procréation à la reconnaissance publique de celui-ci comme
étant l’expression d’un engagement mutuel?
Le but
fondamental du mariage, qui a servi notre société depuis des temps immémoriaux,
n’a pas changé. Les changements ci-haut mentionnés ne sont pas à proprement
parler sur le but ou la nature du mariage mais se situent dans la structure actuelle
du mariage. Ceux-ci ont été apportés pour améliorer et non pour redéfinir
l’institution. Même si le mariage a
évolué à travers les âges, cette évolution a toujours été en continuité avec sa
nature.
3-
Est-ce
que l’emphase mise sur la procréation signifie que le mariage des couples qui
sont infertiles est invalide?
Il
existe des couples qui n’ont pas d’enfants à cause d’un choix personnel ou pour
des raisons liées à l’infertilité; et l’augmentation des deuxièmes mariages
fait que cela arrive plus souvent aujourd’hui, que par le passé. Mais les
exceptions n’invalident pas la preuve d’une règle, particulièrement quand il
s’agit d’une institution qui joue un rôle aussi vital que le mariage. Ce qui se
passe actuellement au niveau du mariage ne détermine pas les objectifs de cette
institution fondamentale aux buts si cruciaux pour l’avenir de la société.
4-
Comment
le fait d’accorder aux partenaires de même sexe la capacité juridique de se
marier affecterait-il les mariages entre personnes de sexe opposé?
Le mariage est un engagement à la
fois personnel et social. Ce qui est socialement et légalement reconnu, ce
n’est pas seulement un engagement personnel, mais également un engagement
social à contribuer - en ayant et en élevant des enfants - à l’avenir de la
société. Bien que tous les couples mariés n’aient pas d’enfants, l’union entre
une femme et un homme porte en elle le potentiel inhérent de créer des enfants.
Permettre aux partenaires de même sexe de se marier
changerait la définition du mariage de telle sorte que ce ne serait plus un
mariage. La procréation n’est pas une des seuls buts du mariage, mais elle est
essentielle à cette institution. De plus, la différence sexuelle comme source
d’épanouissement et de complémentarité est essentielle à l’expression de
l'amour conjugal.
Les lois doivent être étudiées non seulement en fonction de leur incidence sur les
individus, mais en fonction de leur impact sur le tissu social. Il est
important, pour la stabilité de la famille et en dernière instance celle de la
société, de consolider l’institution du mariage. M. le Juge Pitfield, dans une
décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, en octobre 2001,
s’exprimait ainsi face à cette dimension sociale du mariage :
« L’État a de toute évidence raison
d’accorder reconnaissance, préférence et préséance – eu égard à sa nature et à
sa spécificité – à ce fondement social juridique, grâce auquel perdure la
société. »
5-
Quelle réponse
donner aux partenaires de même sexe qui affirment que s’ils ont la possibilité
de se marier, leur union sera plus solide et leurs enfants recevront une
meilleure protection parce que cette reconnaissance enlèverait une
stigmatisation sociale?
En
fait, de nos jours les enfants vivent dans une variété de ménages telles :
les familles recomposées, les familles élargies, les familles monoparentales,
les familles où l’un des parents est décédé, des familles pauvres, des familles
riches.
À
travers les siècles, le mariage a été l’institution qui a promu la relation du
couple et la continuité de la société. Son rôle n’était d’abord pas celui de
confirmer le choix d’un partenaire de vie. Quant à la stigmatisation sociale,
il est important de renforcer l’enseignement de l'Église, à l’effet que tous
les êtres humains sont d’une égale dignité et qu’ils méritent un même respect
parce qu’ils ont été créés à l’image de Dieu; c’est une vérité, même si
certains comportements sexuels ne sont pas acceptés par l’Église.
6-
Est-ce que le fait
de permettre aux partenaires de même sexe de se marier dévaluerait le mariage?
Accorder
le droit juridique aux partenaires de même sexe de se marier changerait la
définition du mariage de telle sorte que celui-ci ne serait plus un mariage.
Tenter d’enlever les distinctions qui existent entre le mariage et les autres
types de relations interpersonnelles aurait comme résultat de réduire la
diversité qui existe dans notre société. Il ne s’agit pas de jugements sur la
valeur d’un individu et les différents types de rapports interpersonnels. Tous
les êtres humains possèdent une dignité inhérente à leur personne parce qu’ils
viennent de Dieu et qu’ils sont aimés de Dieu. Il est approprié de faire des
distinctions entre le mariage et les autres formes de relation interpersonnelle
parce que depuis des siècles le mariage a été et continue d’être la structure
par laquelle les sociétés se perpétuent. Les statistiques démontrent très
clairement que le mariage demeure le milieu le plus propice pour élever des
enfants. Monsieur le Juge Pitfield – confirmant la décision de la Cour suprême
de la Colombie-Britannique en octobre 2001, « La seule question
c’est : si le mariage doit être ou non modifié en quelque chose qu’il
n’est pas, de telle sorte d’y inclure d’autres types de relations. »
7-
Les partenaires de
même sexe bénéficient des mêmes avantages sociaux que les couples mariés; alors
ne s’agit-il pas ici que d’une bataille à propos d’un mot. Qu’est-ce qu’il y a
de si important autour du mot « mariage »?
Les
mots sont importants. Par exemple, nos noms personnels, nos noms de famille ne
sont pas de « simples mots.» Les mots signifient qui nous sommes et ce que
nous sommes, et désignent le sens des institutions. Le mariage a une très
grande signification parce que celui-ci existe dans toutes les cultures, les
dénominations religieuses et les systèmes politiques, aussi loin que nous
puissions reculer dans le temps. Le mot « mariage » est un mot
imprégné d’histoire, de sens et de symboles et il devrait être réservé pour
décrire cette réalité au caractère unique.
8- Si certains des aspects du mariage ressemblent
à ceux des autres relations interpersonnelles, est-ce à dire que le mariage
n’est pas distinct des autres relations interpersonnelles?
Il
est vrai que des couples en union de fait ont des enfants, que certains
mariages se brisent et que des partenaires de même sexe ont des enfants, de
leurs unions antérieures ou avec l’aide des nouvelles technologies. Ce qui est
important c’est de ne pas fragmenter les différents éléments qui constituent le
mariage, mais de considérer celui-ci dans sa finalité; finalité profondément
enracinée dans notre histoire, notre culture, notre religion et nos traditions.
9-
Est-ce que de
refuser le droit au mariage aux partenaires de même sexe procède des mêmes
motifs qui existaient dans les lois utilisées dans certains pays pour prévenir
les mariages entre les différentes races?
L’analogie
n’est pas applicable parce que les lois raciales servaient à maintenir indûment la séparation entre les races et ne
concernaient pas la nature du mariage. Le mariage entre partenaires de même
sexe, tout comme le ferait la polygamie, change la véritable nature du mariage
faisant de celui-ci quelque chose qu’il n’est pas.
10- Il y a eu trois causes entendues en Ontario, au
Québec et en Colombie-Britannique à propos de la définition du mariage. Dans
ces trois causes, la cour a trouvé que la définition du mariage (entre
personnes de sexe opposé) était discriminatoire; et dans un seul cas (la cause
en C.-B.), il fut établi que la discrimination était justifiée. Ce n’est qu’une
question de temps avant que la définition du mariage soit changée, l’Église ne
devrait-elle pas promouvoir l’égalité?
Premièrement, il s’agit de jugements de tribunaux
inférieurs et un long processus d’appel est enclenché. Des distinctions
juridiques et sociales tracent des délimitations entre le mariage et d’autres
formes de rapports tels que les unions de fait, les unions entre partenaires de
même sexe et les autres rapports non-sexuels entre adultes; délimitations qui
ne sont pas fondées sur des caractéristiques accessoires. La nature de ces
relations est substantiellement différente du mariage, même si par certains
aspects elles peuvent avoir des similitudes. L’institution du mariage
transcende les exceptions. Il n’a jamais été suggéré non plus, d’établir de
distinction à l’effet que des individus engagés dans un type de rapport
personnel soient plus dignes de respect comme être humain que les autres.
L’enseignement catholique est explicite à l’effet que la dignité de tous les
êtres humains doit être respectée puisque tous sont créés à l’image de Dieu. Ce
qui est en cause ici, c’est si le fait de changer la définition du mariage
bénéficiera ou non à la société, de telle sorte que celui-ci ne correspondra
plus à sa réalité; réalité non seulement reconnue et vécue depuis des siècles,
mais reconnue comme telle par la très vaste majorité des Canadiennes et des
Canadiens d’aujourd’hui, de même que par le reste du monde.
11-
Qu’est-ce
à dire des unions civiles pour les partenaires de même sexe?
Il existe d’autres rapports personnels entre adultes qui
impliquent un engagement, comportant des facteurs de prestations de soins et
d’interdépendance affective et économique.
Si le gouvernement
devait répondre à ces préoccupations par le biais des unions civiles ou des enregistrements
de partenariats domestiques, il devrait le faire sans pour autant redéfinir
radicalement le mariage. Le mariage doit être maintenu comme une institution
entre personnes de sexe opposé.
12-
Les
partenaires de même sexe affirment que la création des unions civiles ferait
d’eux des citoyens de deuxième classe. Serait-ce le cas?
Différencier le mariage en le traitant spécialement, n’est
pas une question de jugement de valeur à l’égard de la dignité humaine des
individus engagés dans différents types de rapports interpersonnels. En règle
générale, la distinction existe en raison du rôle différent que le mariage a
joué dans la perpétuation et la stabilité de la société.
25
mars 2003