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L’Église catholique au Canada et les peuples autochtones

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indiginous_main_1Le Canada a une population autochtone à la fois importante et diversifiée. Comptant plus de 1 172 000 membres, les peuples autochtones représentent environ 3,8 pour cent de la population du Canada et parlent 50 langues traditionnelles. Des trois groupes autochtones au Canada, les membres des Premières Nations sont les plus nombreux (698 025); suivent ensuite les Métis (389 780) et les Inuits (50 480). Environ 54 pour cent de la population autochtone vit dans les grands centres métropolitains; les autres résident dans de plus petites communautés à l’intérieur de leurs territoires traditionnels. Environ le quart de la population autochtone du Canada se dit catholique et on trouve des autochtones dans chacun des diocèses du pays1.

Le diocèse constitue la structure organisationnelle fondamentale de l’Église catholique. Sous la direction de son évêque, chaque diocèse assume la responsabilité du ministère pastoral et agit comme principal animateur pastoral auprès de tous les catholiques, y compris les autochtones. C’est l’évêque local qui connaît le mieux les besoins et la situation des membres des Premières Nations, des Inuits et des Métis qui vivent dans son diocèse. En plus du ministère pastoral exercé par le diocèse, plusieurs communautés religieuses catholiques du Canada, masculines et féminines, continuent d’oeuvrer auprès des peuples autochtones dans des domaines traditionnels comme l’éducation et les soins de santé, de même que la pastorale.

Les premiers temps de l’Église en Occident

indiginous_main_2Dès son arrivée dans l’hémisphère occidental, l’Église catholique a eu une sollicitude et une attention particulières pour les autochtones, dont plusieurs sont devenus membres de l’Église et lui ont beaucoup apporté. C’est ainsi que la dévotion à Notre-Dame de Guadalupe remonte à l’année 1531, quand la Vierge Marie apparut à un Aztèque mexicain, saint Juan Diego, revêtue des couleurs et des symboles traditionnels de la culture locale; elle lui demanda alors de faire ériger une église en l’honneur de son Fils. Plusieurs autres autochtones ont été aussi des témoins signifiants et ont joué un rôle important dans les premiers temps de l’Église en Amérique du Nord; parmi eux, mentionnons Joseph Chiwatenhwa, sainte Kateri Tekakwitha et le Grand chef Henri Membertou, qui fut le premier chef autochtone à se faire baptiser en 1610 par les Français, en signe d’alliance et de bonne foi. Tous les membres de sa famille furent alors également baptisés et le Grand chef Membertou se fit ensuite un devoir de vivre sa foi de manière concrète. Sur son lit de mort, en 1611, il demanda à ses enfants de toujours rester de fervents chrétiens. Cette même foi a été transmise aux descendants du Grand chef et continue encore d’inspirer les peuples Mi’kmaq qui vivent dans les provinces atlantiques.

Il est d’ailleurs remarquable de constater que par le biais du Grand chef et de son Grand conseil, qui constitue la plus ancienne forme de gouvernement en Amérique du Nord, les peuples Mi’kmaq ont suivi volontairement les traces de Jésus-Christ depuis le baptême du Grand chef Membertou. Les descendants du Grand chef Membertou ont perçu que le message d’amour et de paix du Christ allait de pair avec leurs croyances traditionnelles. La foi chrétienne permettait même d’approfondir certaines de leurs propres croyances. Ils ont donc nourri et protégé celle-ci avec les mots de leur très belle langue, en dépit des pressions qui ont parfois été exercés afin de mettre fin à cette réalité. La foi chrétienne est d’ailleurs si fortement ancrée dans leur culture que presque chaque Mi’kmaq poursuit la tradition de se faire baptiser. Les peuples Mi’kmaq constituent véritablement les premiers catholiques romains dans notre pays et leurs descendants ont adhéré à la foi chrétienne bien avant que les premiers Européens se soient établis ici.

Les missionnaires catholiques, du 17e au 19e siècles

Au 17e siècle, dans le territoire qu’on appelle aujourd’hui le Canada, de nombreux missionnaires ont donné leur vie alors qu’ils exerçaient leur ministère chez les peuples autochtones. Ce fut le cas des martyrs canadiens: les saints Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Antoine Daniel, Charles Garnier, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil et Jean de Lalande. Tous les huit furent tués alors qu’ils travaillaient chez les Hurons, dans les années 1640. Le bienheureux François de Laval, premier évêque catholique de la Nouvelle-France, se préoccupait grandement du bien-être spirituel et humain de la population autochtone diversifiée de son vaste diocèse; c’est ainsi qu’il lutta pour qu’on mette fin au trafic de l’alcool avec les autochtones. L‘évêque Frédéric Baraga a écrit des dictionnaires et des hymnes dans les langues autochtones, comme l’ont fait aussi plusieurs autres évêques et missionnaires catholiques. La bienheureuse Marie de l’Incarnation et sainte Marguerite Bourgeoys ont ouvert des écoles à l’intention des jeunes autochtones et des enfants des colons.

Cette tradition catholique du service s’est étendue vers le nord et vers l’ouest de ce qui constitue aujourd’hui le Canada. Elle s’est incarnée dans le dévouement des Oblats de Marie Immaculée auprès de la population du Nord-Ouest et de l’Arctique. Le Père Albert Lacombe, O.M.I., par exemple, a contribué à la mise en place d’un accord de paix entre les Cris et les Pieds-noirs; il a aussi agi comme intermédiaire entre le Chemin de fer Canadien Pacifique et les Pieds-noirs. Monseigneur Vital-Justin Grandin, O.M.I., premier évêque de l’Ouest canadien, a été assisté dans son travail de pionnier chez les autochtones par la Congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal, plus connue sous le nom de Sœurs grises. Ce ne sont là que quelques exemples éminents de catholiques, autochtones et non autochtones, qui ont servi et continuent de servir dans les hôpitaux, dans les écoles et dans d’autres formes de service social.

Réflexions contemporaines

Aujourd’hui les catholiques, comme tous les Canadiens et Canadiennes, ont davantage conscience de l’impérialisme et du colonialisme qui ont marqué leurs rapports avec les peuples autochtones. Cette prise de conscience se reflète dans les réflexions contemporaines que voici:

2009visit_1Un processus d’évangélisation inégal et limité

« L'histoire du christianisme dans les Amériques n'est donc pas une "leyenda negra", une sombre épopée, mais elle ne rayonne pas davantage d'une parfaite auréole de gloire. Comme l'a fait remarquer le pape Jean-Paul II, en effet, le processus d'évangélisation a été, au cours des ans, inégal et limité. Si certains évêques et missionnaires se comportaient en défenseurs des droits des autochtones, certains théologiens et des responsables de l'Église ont soutenu l'exploitation coloniale. Alors que des missionnaires cherchaient à comprendre et à protéger les cultures autochtones, d'autres n'arrivaient pas à reconnaître dans les croyances et les coutumes locales des semences de la Parole de Dieu. Alors que des papes et des missionnaires s'opposaient à la traite des esclaves, d'autres chefs religieux étaient disposés à s'en accommoder. » (Message de la CECC pour le 500e anniversaire de l’évangélisation des Amériques)

Un souvenir sans cesse évoqué

« Les premiers missionnaires sont arrivés avec les armées impériales et les marchands de fourrures. (…) Il y a toujours eu des missionnaires qui ont établi avec les autochtones des relations empreintes d’un profond respect et d’une grande tolérance mutuelle ainsi que d’un dévouement admirable. Bien qu’à la lumière de notre compréhension actuelle de l’époque, leurs méthodes puissent être critiquées, ils étaient d’abord et avant tout des hommes et des femmes d’Évangile qui, malgré leurs limites, tâchaient de s’engager avec amour et compassion. Les personnes qu’ils ont aidées n’ont d’ailleurs jamais cessé d’évoquer leur souvenir.

« Il faut toutefois reconnaître que l’activité missionnaire était profondément marquée par le sentiment de supériorité de la culture européenne qui prévalait alors. Traduite dans l’action sociale du XIXe siècle, cette conviction s’est manifestée dans un modèle de charité paternaliste qui s’est exprimé tantôt dans la protection des droits et libertés des peuples autochtones, tantôt par la coercition et les mesures de contrôle. »

Un effort important de part et d’autre

Malgré ces épreuves, « l’Église a marché aux côtés des peuples autochtones, partageant leurs joies, leurs souffrances et leurs aspirations, et appuyant leurs luttes pour la reconnaissance de leurs droits en vue de leur épanouissement individuel et collectif. De tout temps, les Églises ont fourni le lieu où les autochtones et allochtones ont pu se rencontrer. Au sein de l’Église, les allochtones ont d’ailleurs toujours accompagné les autochtones, cheminant avec eux tantôt devant, tantôt derrière, tantôt côte à côte. » (Mémoire de la CECC présenté à la Commission royale d’enquête sur les Peuples Aborigènes, La Justice comme un fleuve puissant, 1995)

Lors de son allocution à l’Assemblé Plénière de 2008 de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), le Chef national de l’Assemblée des Premières Nations, M. Phil Fontaine a dit qu’ «il est inutile de centrer notre regard sur ce qui a fait défaut dans le passé; nous devons plutôt bâtir à partir de ce qui a bien fonctionné. (…) Cela exigera un effort important de part et d’autre, mais je sais que nous y parviendrons ».

1 Recensement 2001– Statistique Canada

 
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