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Rapport 2003 du président de la CECC

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Peu de temps après le Concile Vatican II, le Pape Paul VI écrivait dans son testament: «Je ferme les yeux sur une terre douloureuse, dramatique et magnifique, en appelant encore une fois sur elle la bonté de Dieu» [DC, N° 1748 (1978), p. 754]. À plusieurs égards, nous pourrions dire qu'aujourd'hui encore, nous vivons une époque dramatique et magnifique.

Magnifique cette époque de l'Église où nous ressaisissons l'urgence d'évangéliser comme notre mission fondamentale, où nous oeuvrons à reconstituer le tissu de la foi par la catéchèse, où nous nous émerveillons devant les nouvelles générations de jeunes qui ont vécu la JMJ comme une renaissance et qui viennent soutenir l'espérance de nos églises particulières.

Dramatique cette époque marquée par des conflits qui n'en finissent pas, ce temps où le visage de l'Église est souvent discrédité et où des valeurs humaines et religieuses fondamentales sont mises en cause.

Nous nous devons de prendre la parole pour réaffirmer ces valeurs qui sont essentielles ; notre déclaration sur le conflit en Irak, de même que celle sur les technologies de reproduction en sont des exemples éloquents.

Permettez-moi de passer en revue les moments les plus marquants de l’année qui s’achève. Peu après notre dernière Assemblée plénière, s’est déroulée à Rome une visite des plus réussies : en compagnie du Vice-président et du Secrétaire général, nous avons rendu visite à une quinzaine de dicastères. Il convient de signaler un entretien crucial avec Monsieur le Cardinal Francis Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, qui allait permettre à une délégation épiscopale d’aller rencontrer à Rome des officiers de la Curie et de marquer finalement certains progrès dans le dossier du nouveau lectionnaire. La recognitio n’est pas encore là, mais elle est en vue. Il y eut aussi de bons échanges sur les Ordonnances canadiennes issues du document Ex Corde Ecclesiae, qui ont ouvert la voie au travail substantiel entrepris par Mgr Terrence Prendergast, S.J., et par conséquent au nouveau texte qui vous a été envoyé en septembre.

La fin de l’année 2002 a aussi ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire de la Conférence. Après quelque quarante ans passés dans les bureaux du 90, avenue Parent, nous avons emménagé dans de nouveaux locaux, au 2500, promenade Don Reid, dans un édifice que la Conférence possède et administre. La bénédiction et l’inauguration officielles des nouveaux bureaux a eu lieu le 19 mars dernier. Daigne le grand saint Joseph veiller sur ces lieux.

Cependant, c’est le 3 janvier que la première réunion officielle s’est tenue dans les nouveaux bureaux. Cette rencontre nous apportait une très mauvaise nouvelle : un reflux des égouts s’était produit à la suite de la messe papale à la JMJ à Toronto, et il semblait que nos assurances n’allaient pas couvrir les dommages dont nous serions reconnus responsables et qui risquaient de s’élever à plus de 15 millions de dollars. C’était une catastrophe car, d’un bout à l’autre du pays, les évêques étaient déjà attelés à une tâche des plus difficiles : le remboursement de la dette monumentale de la JMJ. Mais la Providence ne nous a pas abandonnés. En fait, la situation s’est complètement retournée et nous avons appris à la fin du printemps, au terme de discussions inspirées par une grande créativité, que les assurances couvriraient effectivement toute l’affaire. Le dossier n’est pas encore complètement réglé, mais nous pouvons assurément pousser un soupir de soulagement. Par ailleurs, tandis que plusieurs diocèses peinent encore à supporter les séquelles financières de la JMJ, la dette a été liquidée.

Toujours en janvier, j’ai assisté en Terre Sainte au troisième symposium réunissant plusieurs Présidents de conférences épiscopales et les Ordinaires de Terre Sainte. Cette expérience est venue renforcer les convictions et les sentiments qui s’étaient imposés à moi l’année précédente : la situation en Terre Sainte est quasi insoluble mais il ne faut surtout pas abandonner les chrétiens courageux qui, comme le rappellent quelques documents du Vatican, empêchent les lieux saints de la chrétienté de devenir de simples objets de musée, et continuent d’y donner un témoignage vivant. Un premier pas en ce sens consistera à continuer d’assurer une collecte vigoureuse à l’occasion du Vendredi saint.

En février, la Conférence a été l’hôte de la rencontre annuelle des évêques des Amériques. La chance a voulu que les dates fixées pour la réunion tombent immédiatement après le Carnaval de Québec, si bien que nous avons pu obtenir un prix de faveur du Château Frontenac, site choisi pour la session. Nous avons eu de bons échanges sur le thème Culture et mondialisation, et le cadre de l’hiver canadien n’a pas manqué d’impressionner nos visiteurs sud-américains. Plusieurs ont essayé la grande glissoire du Château.

En mars, pour une quatrième année, l’Organisme catholique pour la vie et la famille organisait un séminaire de pointe en bioéthique, qui mettait l’accent sur l’embryon humain. Ce qui rend ces rencontres particulièrement enrichissantes, c’est que des scientifiques et des théologiens s’y retrouvent dans un climat de respect mutuel et animés du désir d’apprendre les uns des autres. Pour certains, qui n’étaient pas nécessairement croyants, l’événement a été une révélation et l’expérience a largement contribué à combler le fossé qui sépare trop souvent la science et la foi.

La Conférence a reçu, pendant l’année, plusieurs délégations importantes. Son Éminence Monsieur le Cardinal Lubomyr Husar, chef de l’Église catholique grecque ukrainienne a visité les bureaux de la CECC le 13 février. Sa visite a mis en lumière les riches dividendes que nous retirons de la présence parmi nous des représentants des Églises orientales. Notre solidarité mutuelle a même été renforcée cette année par l’envoi à tous les évêques d’une directive de la CECC visant à faire respecter le droit oriental, selon lequel le prêtre est le ministre du sacrement de mariage. Monsieur le Cardinal Ignace Moussa 1er Daoud, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, a applaudi cette mesure.

Autre visite importante : celle d’une délégation de l’Église patriotique de Chine, venue nous rencontrer pour donner suite à la visite faite en Chine par une délégation canadienne dont faisait partie Mgr André Vallée, P.M.É. La réunion s’est tenue aux bureaux de la CECC, le 17 février; la délégation chinoise comptait 25 membres. C’est Mgr Marcel Gervais qui était le chef de la délégation de la Conférence.

Je tiens également à souligner la visite d’une délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo au cours de la première semaine d’octobre. En effet, avec le précieux concours de Développement et Paix, j’ai invité Monsieur le Cardinal Frédéric Etsou et une délégation d’évêques pour que nous puissions raffermir nos liens et leur offrir notre soutien au moment même où l’Église au Congo est un acteur important du processus de démocratisation de ce pays. Au sortir d’une guerre où plus de 3,5 millions de victimes ont déjà payé de leur vie leur aspiration à la liberté, nous nous devions d’aider l’Église du Congo à obtenir du gouvernement du Canada une aide accrue à ce pays qui aspire à la paix et à la sécurité pour tous ses citoyens.

Les cas d’abus sexuel de personnes mineures de la part de ministres ordonnés ont continué d’exposer l’Église à la controverse dans les médias. Le Comité spécial formé l’an dernier a recommandé la création d’un Groupe de travail composé de dix personnes, en majorité de l’extérieur de la Conférence, pour étudier plus précisément les points suivants:
· la création proactive d’environnements sûrs pour le travail pastoral, en mettant l’accent sur la protection des enfants ;
· une plus grande transparence à tous les niveaux;
· sans préjudice à la primauté de l’autonomie diocésaine, l’accent mis sur la responsabilité et la reddition de comptes à tous les niveaux.

NN.SS. James Weisgerber et Eugène Tremblay ont accepté d’assumer la présidence de ce groupe de travail. Le secrétaire général associé, Benoît Bariteau, en assurera le secrétariat. La liste complète des membres du groupe de travail sera rendu publique dès que sa composition sera complétée. On compte produire un rapport substantiel pour le Conseil permanent d’ici la fin de l’année 2004.

Sur une question apparentée, une rencontre s’est tenue, le 21 juin, entre une délégation de la CECC formée de NN.SS. Roger Ebacher et Paul-André Durocher et du Secrétaire général, et une délégation de membres de la Canadian Church Abuse Survivors’ Alliance [Alliance des survivant(e)s victimes d’abus de la part de l’Église canadienne]. Le dialogue qui s’est établi aura été fécond pour tous les intéressés, et il reviendra au Groupe de travail de voir au suivi.

Le Comité spécial chargé du suivi de la JMJ et du Congrès sur les vocations, formé de NN.SS. Gerald Wiesner, O.M.I., James Wingle, André Rivest et Valéry Vienneau, a poursuivi ses travaux et prévoit déposer une stratégie détaillée à l’Assemblée plénière de 2004.

L’Association catholique canadienne de la santé a tenu des assises historiques à Montréal, en mai, et s’efforce actuellement de s’adapter à la nouvelle situation des institutions catholiques de santé au Canada. Pour donner suite au travail de réflexion de l’Association, la Conférence a mis sur pied un comité de rédaction en vue de faire paraître, au début de 2004, une lettre pastorale importante sur les soins de santé et les établissements de santé catholiques.

La publication de l’Exhortation apostolique post-synodale sur le ministère épiscopal me donne l’occasion de souligner la contribution de la délégation canadienne lors du dernier Synode des évêques. En effet, NN.SS. James Weisgerber, Raymond Lahey, Gilles Cazabon, O.M.I., et Pierre Morissette ont soulevé des sujets de préoccupation qui nous sont chers. La présentation sommaire de l’Exhortation qui sera faite à l’intérieur même de notre assemblée nous permettra d’apprécier à sa juste valeur l’ampleur de leur contribution.

Je tiens à rendre un hommage tout particulier au personnel de la Conférence, non seulement à cause de l’excellence soutenue de son travail, qui est devenue l’image de marque de notre organisme, mais aussi pour la loyauté et le dévouement remarquable dont ses membres ont fait preuve, cette année, lors de la négociation d’une nouvelle convention collective avec l’Association des employé(e)s. Nous leur sommes reconnaissants pour les sacrifices qu’ils ont accepté de faire.

Une question qui a exigé beaucoup de temps et d’efforts aura été la controverse autour de l’union entre partenaires de même sexe. Je me réjouis de voir que cette période difficile nous a permis de produire, comme Conférence, un document solide sur le mariage, un texte qui résistera aux assauts du temps.

La question des anciens pensionnats, dans laquelle nous sommes empêtrés depuis des années, semble progresser : certains signes permettent de croire que le gouvernement fédéral a compris qu’il est hors de question de rechercher un règlement qui impliquerait l’Église catholique dans son ensemble et que le dialogue doit se poursuivre avec les parties directement en cause. Cela ne signifie pas que nous puissions tourner la page. La vigilance et une surveillance constante restent à l’ordre du jour, de même que doit se poursuivre le travail positif accompli par le Conseil pour la réconciliation, la solidarité et la communion. Le soutien financier soutenu que vous accordez à ce Conseil et à son fonds est vivement apprécié. Je tiens aussi à signaler publiquement la contribution des Chevaliers de Colomb, dont les dons généreux assurent le fonctionnement de notre Secrétariat pour les affaires autochtones.

Avant de conclure, j’aimerais énumérer quelques projets importants qui ont été soit complétés soit mis en marche au cours de la dernière année :
  • Le National Office for Religious Education a entrepris la rédaction d’un programme d’enseignement pour la 12e année et le document paraîtra en septembre 2004. Une étude de marché avait permis d’entériner le projet, qui représente un exercice à la fine pointe. Un merci tout spécial à Mgr Richard Greco qui s’est impliqué personnellement dans cette initiative.
  • L’Office national de la liturgie a organisé deux colloques des plus réussis, en août, en réunissant sur le campus de l’Université Laval quelque 300 délégués paroissiaux de 29 diocèses francophones ou bilingues pour un colloque public et par la suite une centaine d’universitaires de France, de Belgique et du Canada pour un colloque scientifique. Cette initiative soulignait le 40e anniversaire de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium.
  • La CECC a publié une nouvelle déclaration sur les mouvements charismatiques catholiques au Canada.
  • Les Archives ont été équipées d’un système de rayonnage mécanique ultramoderne, qui permet une importante économie d’espace et une plus grande efficacité de conservation de nos documents
  • L’établissement au Canada de la Catholic Near East Welfare Association (Association d’assistance catholique du Proche-Orient) a été rendu possible en particulier grâce aux bons soins de Mgr Marcel Gervais.

    La mission internationale de notre Conférence connaît au cours de ces dernières années une expansion sans précédent. En effet, l’internationalisation des débats et des enjeux au sein de l’Église constitue une tendance lourde à laquelle nous devons être sensibles. Les délégations de la Conférence à l’étranger, les demandes de participation à des rencontres et des forums internationaux, les réunions convoquées par des dicastères romains ne cessent de croître et nous préoccupent au chapitre du coût qu’ils entraînent et de leur exigence en termes de disponibilité des personnes. Tout en discernant nos participations à ces appels internationaux dans un esprit de frugalité, notre Conférence s’est rendue présente à différents forums que ce soit dans les domaines de la liturgie, de la concertation sur les questions de la paix et du développement international, de l’éducation chrétienne et de l’œcuménisme. Je remercie les confrères évêques qui se rendent disponibles pour ces missions à l’étranger en s’absentant de leur diocèse ; ils actualisent ainsi un des volets importants de la mission de notre Conférence.

    Au moment de conclure le présent rapport, permettez-moi de souligner à quel point mes années à la présidence m’ont permis de mesurer l’importance de notre Conférence. Chacun de nous est plongé dans la multitude des situations et des dossiers dont est faite la vie de nos Églises locales. Chaque jour, nous entendons monter les cris qui appellent une nouvelle évangélisation et nous ressentons le besoin de vocations pour que notre Église reste vraiment eucharistique tandis que nous parviennent tant d’autres voix qui demandent des réponses.

    Mais en plus et au-delà de la vie de chaque diocèse, se posent un nombre grandissant de problèmes qu’aucun de nous ne saurait régler tout seul mais que nous devons porter ensemble, fraternellement. Au fil des années, nous avons mis sur pied un secrétariat qui nous sert avec loyauté, compétence et professionnalisme. Son travail vient compléter notre leadership épiscopal et nous est d’un secours des plus précieux.

    De retour des célébrations du 25e anniversaire du pontificat de sa Sainteté le pape Jean-Paul II, qui m’ont permis de revoir l’étendue du ministère du Saint-Père au cours des vingt-cinq dernières années, je pèse l’importance et la fécondité de la collégialité du ministère épiscopal en lien avec le Saint-Père. Ce lien étroit avec l’Église du Canada s’est une fois de plus exprimé de manière particulière lors du Consistoire du 21 octobre, où l’un des nôtres a été élevé à la pourpre cardinalice. Je tiens à le saluer tout particulièrement. Félicitations, Monsieur le Cardinal Marc Ouellet ; nos prières vous accompagnent alors que vous rejoignez Messieurs les Cardinaux Jean-Claude Turcotte et Aloysius Ambrozic dans ce Collège qui sera appelé, nous l’espérons le plus tardivement possible, à assumer une lourde responsabilité.

    Alors que notre Conférence célèbre son 60e anniversaire de fondation en 2003, l’Assemblée plénière qui s’amorce aura à prendre d’importantes décisions financières à son égard. Souhaitons que nous saurons trouver des avenues pour préserver cette équipe qui supporte notre ministère épiscopal national et nos travaux communs. Merci pour votre confiance et pour votre appui. Nous avons une Église magnifique.


    + Jacques Berthelet, C.S.V.
    Président
    Conférence des évêques catholiques du Canada



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Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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Tél. : (613) 241-9461
Téléc. : (613) 241-9048
Mise à jour le Mardi, 08 Août 2006  
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Selon Statistiques Canada le nombre de catholiques atteint presque 13 millions ou 44 pour cent de la population totale du pays.

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