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Rapport du président pour l'année 1999-2000

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Chers confrères et amis,

J'aimerais d’abord souligner en empruntant les mots de Charles Dickens, que l'année écoulée a comporté de très bons moments, et d'autres qui ont été beaucoup moins bons. En effet, tout en reprenant l'image que j'avais évoquer à notre dernière Assemblée plénière, celle des oies qui volent en formation, il me faut admettre qu’au cours de l'année qui s'achève, nous avons traversé des zones de turbulence! Toutefois, je crois que l'Esprit miséricordieux du Seigneur a permis de préserver l'équilibre des choses.

L'année a été fort importante pour ce qui est des relations de l'Église avec les peuples autochtones. En novembre, un protocole d'entente a été signé avec l'Assemblée des Premières Nations. Au cours des derniers mois, l'interminable dossier des pensionnats a semblé évoluer vers une solution, le gouvernement fédéral ayant manifesté sa volonté d'assumer sa part de responsabilités dans cette affaire. En outre, le Comité sur les questions autochtones, qui a été mis en place par le Secrétaire général de la CECC, a établi des rapports avec la United States Tekakthawitha Conference pour travailler avec elle à la conception de ressources catéchistiques mieux adaptées aux besoins des catholiques autochtones.

De concert avec les divers partenaires œcuméniques qui forment l’Initiative canadienne du Jubilé, nous avons entrepris un projet difficile mais des plus nécessaires. En effet, une campagne nationale destinée à renseigner la population canadienne sur les revendications territoriales des autochtones a été lancée en septembre. Il est à espérer que la pétition qui en découlera sera couronnée de succès. Permettez-moi de dire qu'en tout premier lieu, nous devons nous-mêmes être convaincus du bien-fondé de ces revendications.

La Conférence a fait de grands pas en avant, dans la foulée de l'Exhortation apostolique Ecclesia in America. En février, nous avons tenu avec succès une rencontre des évêques d'Amérique à Vancouver, au cours de laquelle on a accordé une grande attention au dossier de la dette internationale. Un réseau de communications permanent a aussi été établi entre la CECC, la Conférence épiscopale des États-Unis et le CELAM. Notre co-trésorier, Mgr Brendan O'Brien, et le directeur des affaires sociales, M. Joe Gunn, y représentent la Conférence.

Toujours au domaine des suites données à Ecclesia in America, la Commission épiscopale pour les relations avec les associations du clergé, de la vie consacrée et du laïcat a produit un magnifique traité sur l'Exhortation apostolique. Dans d'autres situations connexes, Mgr Maurice Couture, s.v., primat de l'Église canadienne, et Mgr O'Brien ont représenté notre Conférence aux cérémonies du 500e anniversaire de l'évangélisation du Brésil. Plus récemment, à l'issue d'une consultation par la poste, vous avez voté par une majorité écrasante en faveur de la béatification de Mgr Oscar Romero, de San Salvador.

La CECC a aussi été représentée à une réunion de planification du prochain Congrès missionnaire américain, qui aura lieu au Guatemala, en 2003. Le président de la Commission pour l’évangélisation de peuples, Mgr Colin Campbell, la directrice du Bureau de l’évangélisation, Mme Adèle Bolduc, et les directeurs des Œuvres pontificales missionnaires ont assisté à cette réunion préparatoire, à Quito, en Équateur. Le Comité organisateur tiendra sa prochaine réunion en février; Mgr Gilles Lussier et Mme Adèle Bolduc représenteront alors la Conférence.

Quand Sa Sainteté le pape Jean Paul II a annoncé, cet été, à Rome, que les Journées mondiales de la Jeunesse de 2002 seront célébrées au Canada, et plus précisément à Toronto, notre Église s’est engagée dans un processus qui s’étalera sur plusieurs années. Le Comité épiscopal chargé d'organiser les JMJ 2002 a déjà jeté les bases de ce vaste projet : des informations vous seront d’ailleurs fournies à ce propos au cours de notre Assemblée plénière. Je remercie tout particulièrement l'archevêque de Toronto, M. le cardinal Aloysius Ambrozic, le président du Comité épiscopal, Mgr Anthony Meagher, et le directeur national des Journées mondiales de la Jeunesse de 2002, le P. Thomas Rosica, c.s.b., des efforts gigantesques déployés jusqu'ici.

Des étapes importantes ont par ailleurs été franchies cette année dans le domaine des relations œcuméniques et interconfessionnelles. Plus loin dans le présent compte rendu, je parlerai de l'importante consultation des évêques anglicans et catholiques romains, qui a eu lieu à Mississauga, en mai. En outre, la Conférence publiera demain une déclaration sur les relations entre l'Église catholique et la communauté juive.

Comme plusieurs parmi vous le savent, l'œcuménisme au Canada se caractérise notamment par le phénomène des coalitions interconfessionnelles pour la justice sociale. Vous vous rappellerez que nous avons eu une présentation à ce propos l'an dernier. Une importante refonte de ces coalitions est en cours, en partie à cause de motifs financiers. Notre personnel des Affaires sociales et de l'Œcuménisme travaillent à cette refonte, en collaboration avec l'Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix (OCCDP).

La vigueur du mouvement œcuménique au Canada est telle que, même si certains textes récents émanant du Saint-Siège - je songe notamment à Dominus Iesus et à la note sur les « Églises sœurs » - avaient un ton plutôt dur, nos partenaires œcuméniques ont jugé que ces textes faisaient partie de notre dialogue familial interne. Je les remercie, eux et les observateurs œcuméniques présents à la Plénière, de leur discernement.

J'ai parlé tantôt de turbulences. Nous avons vécu cette année un événement qui nous a rappelé avec force que nous traversons une période de transitions profondes, qualifiées de paradigmes par certains. La réalité qui nous entoure offre tellement de possibilités à la fois périlleuses et grandioses. Dans un numéro récent de la revue National Geographic, on lisait une phrase qui traduit bien les changements qui s'opèrent. En effet, une immigrante s'exclamait : « Avant, on me demandait d'où je venais, mais maintenant, on me dit : ' Vous avez un accent. Comme c'est charmant! ' »

À titre de président, je me dois parfois de faire des déclarations, surtout quand une question concerne plus qu'une région. C'était le cas de la Marche mondiale des femmes. Tandis que je remercie les nombreuses personnes qui ont appuyé la décision prise en accord avec le Bureau de direction, je tiens à dire à mes collègues évêques qui avaient d'autres opinions que nous respectons leur position prudente sur la meilleure façon d'appliquer les principes qui nous sont si chers. Puisse le Seigneur nous aider à profiter des leçons que nous avons tirées! Dans un monde imprégné d'ambiguïté, nous devons chercher toujours plus diligemment à communiquer les uns avec les autres pour préserver une unité authentique.

Avant de mentionner plusieurs réalisations de la Conférence, je rends tout particulièrement grâce au Seigneur de l'excellent travail accompli par vous tous, chers confrères évêques, dans chacun de vos diocèses, et par tous nos prêtres qui, en raison de la diminution du clergé, doivent souvent faire l'impossible, ou presque. Je remercie aussi les diacres et les agents de pastorale qui remplissent de nombreux rôles, ainsi que les laïques qui assument courageusement diverses responsabilités dans le monde. Il en va de même pour les religieux et les religieuses qui continuent d’accomplir leur travail dans le monde tout en procédant à un réaménagement de leurs propres structures. Je m'en voudrais en outre de ne pas remercier le Seigneur de la générosité continue des Chevaliers de Colomb qui aident la CECC à accomplir une bonne partie de son travail.

Pendant que les diocèses sont engagés dans de nombreux projets afin de marquer l'Année du Jubilé, la Conférence participe à diverses célébrations du Jubilé à Rome :


  • Mgr Matthew Ustrzycki et le P. Gilbert Chabot ont d’abord représenté la CECC au 47e Congrès eucharistique international, en juin;

  • S. Cécile Bérubé et S. Diane Albert, toutes deux de la Congrégation des Sœurs de la Charité d'Ottawa, nous ont représenté au Jubilé des personnes âgées, en septembre; et

  • Mgr Jean Guy Hamelin, ancien président de la CECC, a dirigé une délégation d'environ 12 évêques canadiens au Jubilé des évêques, au début d'octobre.


Cette année, un important contingent d'évêques canadiens et des membres du personnel de la CECC se sont rendus à Rome pour participer aux célébrations des Journées mondiales de la Jeunesse. Le secrétaire général adjoint, M. Gérald Baril, M. Jonas Abromaitis, titulaire du portefeuille jeunesse au National Office of Religious Education, et M. Sylvain Salvas, directeur du Service des communications à la CECC, ont alors apporté leur appui aux quelque 4000 jeunes qui composaient la délégation canadienne.

La CECC sera aussi représentée à quelques activités du Jubilé à Rome :


  • La 3e Rencontre internationale des familles se déroule actuellement. Nos délégués y sont Mme Marlene Ann et M. Georges Smadu, de l’archidiocèse de Regina, et Mme Hélène Lebœuf et M. Jean Plamondon, de l’archidiocèse de Gatineau-Hull.

  • En novembre, nos délégués au Congrès sur le laïcat seront M. Greg Humbert et son épouse Jennie, de l’Association catholique canadienne de la santé, et Mmes Lyse Desy-Pagé et Jeanne Donat, du Mouvement des femmes chrétiennes.


La Conférence continue de surveiller la transformation du contexte juridique canadien et ses effets sur la mise en œuvre des enseignements de l'Église. À titre de membre du Regroupement catholique pour la santé, la justice et la vie, la CECC est intervenue le 14 juin devant la Cour suprême du Canada, dans la cause Latimer. Elle fera de même le 9 novembre, dans la cause du Western Trinity College.

Comme d'habitude, le Vice-président et le Secrétaire général m'ont accompagné à Rome, peu après l'Assemblée plénière de 1999, pour nos entretiens annuels avec divers dicastères. Un malentendu avec la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, notamment au sujet de l'heure de notre réunion, a annoncé d'autres problèmes de communications au cours de l'année. Je dirai les choses telles qu'elles sont : pour élaborer un Lectionnaire en anglais qui correspondra aux exigences des évêques du Canada, il faudra des mesures énergiques et une collaboration courageuse au cours de la prochaine année.

À cette question se greffe celle de l'évolution des choses au sein de l’International Commission on English in the Liturgy (ICEL) et de ses relations avec la Congrégation pour le Culte divin. Cette controverse a nécessité la tenue d'une réunion spéciale des présidents des conférences épiscopales membres de l'ICEL, à Washington (D.C.). J'ai bon espoir que la révision des statuts de l'ICEL débouchera sur une coopération accrue entre les conférences épiscopales membres de la Commission.

Notre calendrier d’activités pour les deux prochaines années comprend déjà de nombreux projets d’importance. Le Synode des évêques qui aura lieu à Rome en octobre prochain est de loin le plus important pour l'Église dans ce nouveau siècle. Soit dit en passant, nous avons modifié les dates de notre prochaine Assemblée plénière, qui se tiendra donc en septembre. Nos délégués (bien que leur choix ne soit pas encore officiel) sont déjà à l'œuvre et ils nous parleront des préparatifs en cours pendant notre assemblée plénière.

En 2001 avec la visite des reliques de sainte Thérèse de Lisieux l’Église canadienne vivra un événement qui apportera sûrement des fruits abondants au plan spirituel. Je remercie tous les membres du comité organisateur, particulièrement M. Gérald Baril, secrétaire général adjoint, pour l’excellent travail de préparation de cet événement.

J'ai déjà mentionné que les Journées mondiales de la Jeunesses auront lieu chez nous en 2002. Au printemps de la même année se tiendra, à Montréal, un Congrès nord-américain sur les vocations. M. l’abbé Raymond Lafontaine, de l'archidiocèse de Montréal, apporte son concours aux trois évêques qui chapeauteront l’organisation du Congrès dont Mgr Richard Grecco et Mgr André Rivest présenteront un rapport au cours de notre Plénière.

Plusieurs changements sont survenus au cours de la dernière année. Notre structure administrative a été modifiée du fait qu'au lieu de deux secrétaires généraux, elle n'en compte plus qu'un. M. Émilius Goulet, p.s.s., a été nommé recteur du Collège pontifical canadien à Rome, où il continue d’apporter sa collaboration aux évêques canadiens.

C'est la dernière fois que notre estimé théologien, le P. Gilles Langevin, s.j., assiste à une assemblée plénière. Il prendra bientôt sa retraite, mais il partira en sachant qu'il laisse à la Conférence un héritage durable. Que Dieu lui accorde une bonne santé et de nombreux réconforts!

En outre, M. Fernand Tanguay vient de terminer son mandat comme ambassadeur du Canada auprès du Saint-Siège. Plus tard au cours de l'Assemblée plénière, je présenterai une motion pour remercier notre ancien secrétaire général adjoint. À ce stade-ci, au nom de tous les membres de la Conférence, j'adresse nos meilleurs vœux au nouvel ambassadeur du Canada au Vatican, M. Wilfrid Guy Licari, originaire de Montréal.

En concluant, j'aimerais évoquer de nouveau la nécessité de nous soucier les uns des autres. Comme évêque, nous assurons tous un ministère astreignant qui procure de merveilleuses consolations, tout en exigeant un don maximum de soi. Les difficultés et les problèmes risquent de devenir accablants. Dans nos diocèses, comme vous le savez si bien, il n’est pas question de refiler les dossiers à quelqu'un d'autre : c'est à nous qu'il incombe de régler les problèmes. Rappelons-nous toujours que nous sommes frères! Il importe que nous nous tendions constamment la main à la fois lorsque nous avons besoin d’aide ou lorsqu’un de nos frères est dans le besoin.

Certains d'entre vous ont peut-être lu l'histoire d'Omri Jadah. Le 5 août, il finissait de pique-niquer avec son cousin sur les bords de la mer de Galilée quand il a aperçu un garçon de six ans en train de se noyer. Il a nagé jusqu'au garçon et l'a ramené à terre, mais il fut lui-même emporté par la mer. Il est mort après deux jours passés dans le coma. Omri était palestinien, et le jeune garçon, juif. Sept mille personnes ont assisté à ses funérailles. Tout Israël a acclamé son héroïsme. La mère de George, le jeune garçon qui avait failli se noyer, elle-même russe juive, n'avait jamais mis les pieds dans un village arabe jusqu'au moment des funérailles. Elle a déclaré : « Ce triste événement nous a rapprochés les uns des autres. »

Deux motifs m’ont amené à vous raconter l’histoire d’Omri Jadah. En premier lieu, il est bon que nous nous rappelions que l’enseignement du Seigneur à propos de la puissance du sacrifice et de l’amour s’actualise encore aujourd’hui. En deuxième lieu, nous ne pouvons faire autrement de constater, par le biais des médias, que les haines ancestrales persistent en Terre Sainte. Dans une certaine mesure, nous avons ici le reflet d’une réalité bien concrète : une manifestation formidable de la présence de Dieu et, en même temps, le drame de la nature humaine pécheresse. Puissions-nous voir au-delà de ce drame et distinguer la présence de Dieu. Nous ne devrions jamais oublier que le Seigneur nous accompagne dans notre marche.


+ Gerald Wiesner, o.m.i.
Évêque de Prince George et président de la
Conférence des évêques catholiques du Canada

 

Mise à jour le Mardi, 08 Août 2006  
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