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Allocution du Nonce apostolique aux évêques du Canada

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Chers confrères dans l’épiscopat,

1- C’est avec beaucoup de joie que je vous retrouve aujourd’hui, vous les Évêques de l’Église au Canada. Au premier abord, on pourrait penser que notre rencontre annuelle s’insère dans la routine d’un mécanisme bien rodé; en réalité, même si ce geste se répète, il recèle un caractère de nouveauté, parce que chacun de nous est d’une certaine manière nouveau, ayant un peu changé depuis notre dernière rencontre; les circonstances elles-mêmes de la vie sont nouvelles; il y a toujours de nouveaux aspects et de nouveaux défis qui se présentent pour l’Évangélisation et qui interpellent directement notre ministère épiscopal.

2- Je rends grâces au Seigneur qui, à travers l’appel du Saint-Père, m’a conduit à exercer mon ministère épiscopal au service de cette portion du Peuple de Dieu qui est l’Église au Canada, dans votre noble et grand pays. La richesse matérielle et culturelle de ce pays, ses traditions, son multiculturalisme même lui permettent de bénéficier de nombreux et différents apports. Il peut dès lors jouer un rôle privilégié dans le concert des nations et l’Église universelle; il s’agit là d’une opportunité appréciable, nantie également d’une responsabilité particulière.

Je tiens à répéter une fois de plus que depuis le jour de ma nomination j’ai la ferme volonté de servir de mon mieux cette Église locale et cette noble nation.

3- Je remercie le Seigneur pour l’année écoulée depuis notre dernière rencontre, année au cours de laquelle j’ai eu l’opportunité de pouvoir visiter plusieurs circonscriptions ecclésiastiques dans les différentes régions de ce vaste pays. Cela m’a permis de manifester la sollicitude du Saint-Père envers toutes les Églises particulières et, en même temps, de connaître davantage la vie de la communauté catholique au Canada.

J’ai eu ainsi l’occasion de goûter la joie propre aux Fils de Dieu : voir croître le royaume de Dieu parmi les hommes, constater que, malgré de multiples difficultés, la Parole de Dieu continue d’être annoncée au monde d’aujourd’hui, que progresse l’histoire du Salut dans cette région du monde également. Ces visites et les contacts personnels avec les Pasteurs auxquels sont confiées les Églises particulières m’ont permis, en des moments de sereine fraternité, de connaître aussi les nombreuses croix que comporte le ministère épiscopal, les grands défis ou les énormes difficultés que rencontre l’oeuvre de l’Évangélisation, en un moment de l’histoire où l’être humain, fort des conquêtes de la science et de la technologie, semble vouloir se passer de Dieu. C’est à ce monde pourtant que nous sommes appelés à annoncer la Bonne Nouvelle et contribuer à lui donner la plénitude de la vie, selon la volonté du Christ lui-même : « Je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on l’ait en abondance » (Jn 10,10), cette vie éternelle qui consiste à « connaître le seul véritable Dieu et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3).

Il n’y a pas de richesse, de sagesse, de loi qui puisse assurer cette plénitude de vie offerte par Dieu, si l’on n’aide pas l’homme à découvrir et à apprécier la dimension religieuse de son être propre. Le mot célèbre de saint Augustin, cité au numéro 30 du Catéchisme de l’Église catholique, le rappelle de manière éloquente : « Tu nous as faits pour toi et notre coeur est sans repos tant qu’il ne repose en toi » (Conf. I, 1,1). C’est la clé de lecture pour comprendre les inquiétudes de tant d’hommes et de femmes, inquiétudes auxquelles seule la foi peut répondre réellement.

4- Dans ce contexte, constitue un kairos particulier la célébration des prochaines Journées mondiales de la Jeunesse que le Saint-Père a convoquées à Toronto pour l’an 2002. Plusieurs parmi vous, qui ont accompagné les jeunes de leurs diocèses à Rome en août dernier, ont pu palper de leurs propres mains combien nombreux sont les jeunes qui cherchent Dieu, aiment l’Église et sont disposés à tout quitter pour suivre le Christ de plus près. Certes, on pourrait être tenté de dire que ce ne sont là que des moments particuliers, des élans sporadiques; on ne devrait pourtant pas les considérer comme des parenthèses dans la vie de ces jeunes. En concluant la rencontre à Tor Vergata, sommet de ces journées où on a vu des centaines et des centaines de milliers de jeunes écouter des catéchèses, vivre des moments de prière intense dans l’adoration eucharistique, expérimenter dans la célébration du sacrement de réconciliation les bras ouverts du Père miséricordieux, le Saint-Père a terminé son homélie en leur disant : « En rentrant chez vous, ne vous dispersez pas ! Confirmez et approfondissez votre adhésion à la communauté chrétienne à laquelle vous appartenez! »

5- Nous, pasteurs d’aujourd’hui, cet appel du Saint-Père nous rejoint et stimule notre engagement pastoral, car dans notre ministère, il nous revient de convoquer et guider notre peuple : « Les évêques, nous dit Christus Dominus 2, établis par le Saint-Esprit, succèdent aux apôtres, comme pasteurs des âmes; ils ont été envoyés pour assurer, en union avec le Souverain Pontife et sous son autorité, la pérennité de l’oeuvre du Christ, Pasteur éternel. Car le Christ donna aux apôtres et à leurs successeurs l’ordre et le pouvoir d’enseigner toutes les nations, de sanctifier les hommes dans la vérité et de guider le troupeau ».

Vient à peine de commencer l’itinéraire qui rassemblera, au cours des prochaines journées mondiales de la jeunesse, non seulement l’Église au Canada, mais toutes les Églises particulières du monde entier. Cela exigera un engagement communautaire et constant pour pouvoir poser ensemble cette pierre milliaire de l’histoire du salut que seront les JMJ 2002. On doit demander instamment au Seigneur que l’enthousiasme des jeunes serve de base, suscite un élan pour la vie sacerdotale et la vie consacrée, dont les communautés catholiques du Canada ont un besoin imprescriptible; le IIIe Congrès international pour les Vocations qui se tiendra à Montréal en avril 2002 s’insère providentiellement dans ce contexte si bien décrit par le Pape et si fondamental pour la vie de l’Église.

6- Comme j’exprimais l’an dernier mon désir de connaître de plus près les Conférences régionales de l’Épiscopat, je ne peux que me réjouir des invitations qui m’ont permis de rencontrer, lors de leurs assemblées, les Évêques de l’Ouest, de l’Ontario et du Québec. J’espère avoir bientôt l’opportunité de rencontrer également les confrères des Provinces maritimes. Pour moi, surtout lorsque je considère le but de ma mission, ce furent des moments de grande richesse, non seulement pour la fraternité rencontrée, mais aussi parce que les problèmes ou thèmes traités m’ont fait cerner plus précisément le visage des Églises particulières confiées à vos soins pastoraux. J’espère, je suis certain même, que le dialogue à ce niveau, amorcé de façon si prometteuse, pourra croître encore ultérieurement, soit par l’échange de documents, soit par des rencontres qui se poursuivront.

7- La Nonciature Apostolique, comme vous le savez bien, continue sans cesse les démarches qui lui reviennent, concernant les ecclésiastiques qu’avec tant de sollicitude responsable pour l’avenir de l’Église et en conformité avec les normes canoniques (can. 377, 2), vous avez signalés comme candidats possibles pour le ministère épiscopal; il en reste encore plusieurs à compléter. Ce travail assure une vision plus directe des différentes possibilités; il jette des bases qui favoriseront dans l’avenir de plus rapides définitions dans la nomination des évêques. C’est un travail, vous le comprenez bien, complexe et délicat qui requiert du temps et comporte une grande responsabilité: il s’agit en effet de découvrir les pasteurs que le Seigneur veut pour son peuple, en ayant conscience qu’une fois appelés à l’épiscopat, ces personnes sont insérées pour toujours dans la Succession apostolique et doivent être témoins privilégiés de l’Évangile, Maîtres de la foi et Pasteurs du troupeau.

Je dois dire que j’admire réellement la fidélité avec laquelle, conformément aux normes canoniques, les Évêques qui atteignent l’âge de 75 ans présentent leur démission au Saint-Père. Toutefois, je voudrais souligner que le Canon 401 précise que le ministère épiscopal ne se termine pas ipso jure avec l’âge de 75 ans; il revient en effet au Pontife Romain, après avoir examiné toutes les circonstances, d’accepter ou non la renonciation. C’est dans ce cadre que, habituellement, l’on recourt à la formule nunc pro tunc, pour d’une part être sensible à la condition de l’Évêque et accepter sa démission, mais d’autre part, ne pas interrompre le gouvernement du diocèse et s’assurer que les brebis bénéficient toujours de la conduite stable d’un Pasteur jusqu’à la nomination du Successeur.

8- Dans le ministère qui est le mien, j’ai pu bénéficier de précieuses collaborations à la Nonciature; à cet effet, je tiens à remercier encore une fois Monseigneur l’Archevêque de Sherbrooke qui a permis à un jeune prêtre de son diocèse de travailler à mes côtés à temps plein pendant un an. Je veux également remercier les évêques de Chicoutimi et de Sault-Ste-Marie qui ont permis de donner réalité à mon désir de pouvoir disposer à temps plein de deux prêtres collaborateurs; ceux-ci font maintenant partie de l’équipe de la Nonciature et m’aident, avec un généreux engagement, suivant l’un spécialement les documents de langue française et l’autre, ceux de langue anglaise. Je voudrais également exprimer ma gratitude à Monseigneur l’Archevêque d’Ottawa qui, en plusieurs occasions, m’a généreusement aidé à résoudre aussi des problèmes matériels à la Nonciature.

9- Dimanche dernier, le Saint-Père, entouré de 1 500 évêques du monde entier, nombre le plus imposant de prélats réunis depuis le Concile, a voulu prononcer un Acte de confiance à la Sainte Vierge, en soulignant son rôle dans le mystère du salut, dans la vie de l’Église et dans la vie de chaque chrétien. Que la Vierge puisse faire sentir sa présence gratifiante au sein de cette Assemblée et que par son intercession maternelle elle lui procure des fruits toujours plus abondants.

+ Paolo Romeo
Nonce apostolique au Canada

Mise à jour le Mardi, 08 Août 2006  
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Le diocèse le plus ancien au Canada est l’archidiocèse de Québec, établi en 1674. Monseigneur François de  Laval fut le premier évêque.