image30.jpg

Assemblée plénière 2006 : rapport du président de la CECC

smaller text tool iconmedium text tool iconlarger text tool icon
gaumond

Chers frères évêques, chers invités et membres du personnel,

Dans sa toute première Lettre encyclique, Deus Caritas Est, le pape Benoît XVI rappelle que le lieu principal de l’action de l’Église dans ses relations avec le monde est de «réveiller les forces spirituelles, sans lesquelles la justice (…) ne peut s’affirmer ni se développer (no 28)».

« Réveiller les forces spirituelles… », c’est le devoir de tout organisme ecclésial, et à plus forte raison celui d’une Conférence épiscopale.  Au cours de la dernière année, les champs d’action n’ont pas manqué. Qu’il s’agisse de la redéfinition du mariage, de la défense des droits des immigrants, de l’euthanasie et du suicide assisté, de la procréation assistée, ou encore de la situation prévalant au Moyen-Orient, en Afrique ou en Amérique du Sud. Notre Conférence a eu plusieurs occasions d’exercer son action, aux plans social et éthique, bien sûr, mais aussi aux plans pastoral et spirituel.  

Saint-Siège

Au cours de l’automne 2005, il y a eu le Synode sur l’Eucharistie. Les quatre évêques canadiens qui y ont participé à titre de délégués de la CECC, de même que M. le cardinal Marc Ouellet, invité du Saint-Père, ont été à même d’apprécier la grande capacité d’écoute du pape Benoît XVI. Ensemble, les participants ont tenté de discerner « comment l’Eucharistie, dans son immense richesse, pourrait être encore davantage source de libération, de transformation et de consolation pour le monde ».

Tout récemment, le Saint-Père a convoqué la XIIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques. Le Synode se déroulera au Vatican du 5 au 26 octobre 2008 autour du thème : « la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église. » Afin d’amorcer dès maintenant la préparation de ce Synode, vous serez appelés mercredi, lors des réunions des Secteurs, à désigner des délégués, dont les noms  seront soumis pour approbation à l’Assemblée plénière vendredi.

Du 22 novembre au 2 décembre 2005, en compagnie de Mgr James Weisgerber, vice-président de la CECC, et de Mgr Mario Paquette, secrétaire général, j’ai participé à la visite annuelle auprès des dicastères du Saint-Siège.  Comme vous avez pu le constater à la lecture du rapport qui vous a été envoyé au terme de la visite, plusieurs questions ont alors été abordées.  

Un sujet important fut  le projet de décret de la CECC sur le sacrement de pénitence.  D’autres discussions et échanges d’informations ont eu lieu à ce propos au cours de l’année, mais le projet de décret n’a toujours pas obtenu la recognitio du Saint-Siège.  Dans la journée de vendredi, nous aurons à réfléchir à nouveau sur ce projet de décret.  

Le réaménagement des diocèses du Nord du Québec et de deux diocèses de Terre-Neuve a aussi fait l’objet de discussions avec le Saint-Siège.  Les modalités de ce réaménagement s’appuient essentiellement sur un rapport produit par un Comité ad hoc de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.  Les diocèses concernés par ce réaménagement territorial sont: Moosonee, Labrador City-Schefferville (partie québecoise et partie terre-neuvienne), Amos, Baie-Comeau, Chicoutimi, Trois-Rivières, Joliette et St-Georges.  Cet important réaménagement sera étudié sous peu par notre Conseil permanent pour qu’il puisse formuler un avis favorable afin de permettre au Saint-Siège de donner son accord aux limites territoriales proposées.   

Scène internationale 

Quelques événements ont retenu l’attention de notre Conférence épiscopale sur la scène internationale.  Du 14 au 19 janvier 2006,  je me suis rendu en Terre Sainte où, avec d’autres évêques d’Amérique du Nord et de plusieurs pays d’Europe. Mgr  Paquette était également du voyage et nous avons été à même de constater les difficultés auxquelles sont confrontés les chrétiens de Terre Sainte. 

Les rencontres ont fait ressortir la nécessité de resserrer davantage les liens avec eux en mettant en pratique, comme l’a suggéré un des intervenants, la règle du triple P : Prier pour qu’adviennent la paix et la justice; favoriser les Pèlerinages pour préserver la vitalité des sites historiques et contribuer ainsi à l’économie locale; et continuer d’exercer des Pressions sur les autorités religieuses et politiques.  Il est sans doute superflu d’ajouter que la guerre entre Israël et le Liban a eu comme conséquence d’aggraver la situation et d’ajouter à la nécessité d’une plus grande solidarité avec nos frères et sœurs du Proche-Orient. 

À ce propos, je désire souligner les interventions de notre Conférence en faveur d’une résolution pacifique de ce conflit. Par l’intermédiaire de Mgr Roger Ébacher, président du Comité des droits humains, la CECC a lancé un appel au Gouvernement canadien, afin qu’une aide humanitaire soit apportée aux personnes affectées par cette guerre.   

Après le voyage en Terre Sainte,  on a été plongé dans un contexte tout à fait différent : celui de l’Église en Amérique.  En effet, la CECC était l’hôte cette année de la 34e Rencontre des évêques de l’Église en Amérique, qui s’est déroulée à Toronto, les 14 et 15 février, et qui a réuni une vingtaine de participants.  Je suis particulièrement reconnaissant à M. le cardinal Aloysius Ambrozic et à l’archidiocèse de Toronto et de leur accueil et de leur collaboration à cette occasion.  En plus de constituer un lieu d’échange et de fraternité, la Rencontre a permis de réfléchir à la place et au rôle des laïcs dans l’Église en Amérique.   

Toujours sur la scène internationale, il convient de mentionner l’apport de l’organisme DÉVELOPPEMENT ET PAIX aux élections survenues le 30 juillet dernier en République démocratique du Congo.  Une délégation comprenant cinq personnes, dont Mgr Luc Cyr, s’est rendue dans la région de Katanga, du 21 juillet au 5 août, afin d’effectuer une mission d’observation.   

Bien sûr, de nombreux autres projets d’entraide ont été soutenus par DÉVELOPPEMENT ET PAIX, qui a dû procéder, au cours de la dernière année,  à un déménagement de ses bureaux à Montréal et qui est actuellement engagé, comme la CECC, dans un processus de restructuration et de rationalisation.     

Scène nationale 

Plus près de nous, la CECC s’est aussi prononcée sur un certain nombre d’enjeux fondamentaux pour la société canadienne. À l’occasion des dernières élections fédérales, les membres du Conseil permanent ont adressé un message aux catholiques afin de les exhorter à exercer leur droit de vote dans un esprit critique.  Ils les ont surtout invités à exprimer leurs attentes et leurs exigences aux divers candidats politiques et à interroger ceux-ci sur leurs positions éthiques, sociales et économiques. 

Dans un autre message, intitulé « Nous sommes le peuple de la vie et pour la vie », les membres du Conseil permanent ont pris position par rapport à la Loi sur la procréation assistée.  On a surtout dénoncé le fait que la cette Loi n’interdisait pas la destruction de l’embryon humain.  En plus d’encourager les catholiques du Canada à participer aux consultations sur la mise en œuvre de la Loi, le message pastoral incitait les législateurs à promouvoir le respect de la vie humaine dans toutes ses étapes, incluant l’embryon.  

Pour sa part, l’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) a dénoncé le Projet de loi C-407 sur l’euthanasie et le suicide assisté. Les parlementaires canadiens ont été invités à rejeter toute nouvelle tentative de législation du suicide assisté et de l’euthanasie au Canada.  On leur a aussi rappelé que les soins palliatifs et les soins à domicile constituent une avenue combien plus logique que celle de légaliser l’abus le plus extrême qui soit, la mise à mort d’un autre être humain. 

La question de l’euthanasie et du suicide assisté a également retenu l’attention à l’occasion du VIIe Séminaire en bioéthique organisé par l’Organisme catholique pour la vie et la famille, en mars dernier.  Des chercheurs, des éthiciens et des professionnels de la santé se sont alors exprimés sur cette difficile question.  Trois évêques étaient du nombre : Mgr Bertrand Blanchet, Mgr Ronald Fabbro et Mgr Jean Gagnon. 

L’immigration a constitué un autre sujet de préoccupation.  En novembre 2005, le Comité des droits humains a d’abord adressé une lettre au Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration concernant la décision du Gouvernement canadien de ne pas mettre en œuvre le mécanisme d’appel pour les réfugiés, tel que prévu par la loi sur l’immigration.  En janvier 2006, la Commission épiscopale des affaires sociales a rendu publique une lettre pastorale sur l’immigration et la protection des réfugiés.  En plus de brosser un tableau des divers enjeux et problèmes liés à l’immigration, la lettre identifiait quelques-unes des dispositions qui devraient être mises de l’avant afin que les personnes immigrantes puissent avoir accès à l’ensemble des services publics, aient une juste reconnaissance de leurs compétences professionnelles et puissent accéder plus facilement au marché du travail.  La lettre a reçu un très bon accueil de la part des autorités politiques, mais aussi du grand public et d’organismes de toutes sortes. 

De plus, l’enjeu de la protection des réfugiés était un élément clé de cette lettre pastorale.  Quoique reconnu par la loi, le mariage entre personnes de même sexe a suscité à nouveau un intérêt profond en raison du désir exprimé par le Gouvernement conservateur de reprendre le débat à la Chambres des communes.  En effet, il semble que les députés fédéraux seront invités à voter, dès cet automne, sur une motion visant à rouvrir le dossier du mariage.  Une deuxième occasion se présente de faire valoir notre point de vue auprès des élus politiques.  Au cours de l’été dernier, l’Organisme catholique pour la vie et la famille a fait parvenir aux membres de la CECC une série de documents visant à encourager les fidèles de l’Église catholique à intervenir auprès des députés pour les convaincre de respecter la nature du mariage et d’en préserver la définition historique.  La CECC continue de suivre ce débat de très près . 

Dans un tout ordre d’idées, la CECC a eu aussi à réagir aux commentaires exprimés publiquement par des catholiques sur des questions de nature pastorale, disciplinaire et organisationnelle à l’intérieur même de l’Église catholique.  Qu’il me suffise de mentionner, entre autres, la lettre signée par un groupe de 19 prêtres et le message de la Conférence religieuse canadienne (CRC) à l’occasion de la visite ad limina 2006.  Le Bureau de direction a accordé la considération la plus honnête possible à ces commentaires, sans toutefois pouvoir donner pleine satisfaction à leurs auteurs.  Le dialogue n’en demeure pas moins ouvert et une rencontre est prévue cet automne avec des représentants de la CRC afin d’échanger sur le contenu du message et sur d’autres sujets d’intérêt commun en Église.   

CECC 

Avant de conclure ce bref survol des activités survenues au cours de la dernière année, je désire formuler quelques observations sur des questions qui concernent plus spécifiquement la CECC et la vie de l’Église catholique au Canada. 

Le projet de Protocole sur la gestion et la prévention des cas d’abus sexuel a fait l’objet d’un examen rigoureux.  Un Comité ad hoc a été constitué en février dernier afin de procéder à l’étude des deux avis juridiques produits par des firmes privées et des commentaires recueillis dans le cadre d’une consultation menée auprès de tous les membres de la Conférence épiscopale.  À la lumière du rapport du Comité ad hoc, le Conseil permanent a convenu de soumettre à nouveau le projet de protocole à l’attention de notre Assemblée plénière, dans le but d’établir une base d’action commune.  Une question cruciale demeure et il nous faudra y répondre : « Souhaitons-nous maintenir les mesures volontaires actuelles ou nous doter de mesures obligatoires pour tous les diocèses du Canada ? ».  Au terme d’une longue démarche entreprise il y a plus de quatre ans, nous conviendrons tous de l’urgence de clarifier notre position par rapport à une situation que nous voulons non seulement corriger mais aussi éradiquer à tout jamais. 

Le processus de restructuration de la CECC a aussi retenu l’attention du Bureau de direction et du Conseil permanent.  Dans un premier temps, le Comité des programmes et priorités, auquel se sont joints deux autres évêques – Mgr André Richard et Mgr Clément Fecteau – afin d’assurer une meilleure représentation régionale, ont identifié de possibles pistes d’action.  À l’occasion de ses réunions d’avril et de juin derniers, le Conseil permanent a longuement réfléchi aux approches proposées, jugeant toutefois nécessaire de solliciter à nouveau l’opinion de l’Assemblée plénière.  Comme vous pourrez vous en rendre compte jeudi prochain, des recommandations spécifiques ont été formulées.  Nous devrons préciser les options que nous désirons mettre de l’avant, compte tenu des capacités de notre Conférence épiscopale et des tâches qui nous semblent prioritaires. 

La question financière des Journées mondiales de la Jeunesse 2002 est également revenue à la surface.  À la suite des démarches entreprises afin de procéder à la dissolution de la Corporation du Conseil des JMJ 2002, le Bureau de direction  a convenu de rembourser la majeure partie du trop-perçu de la contribution volontaire faite par les corporations épiscopales du Canada en vue d’éponger le déficit des JMJ 2002.  Une somme, fixée au prorata des contributions individuelles, a donc été remise l’été dernier aux corporations épiscopales participantes et une autre somme leur sera versée dès que la dissolution de la Corporation aura été officiellement homologuée.

Voilà qui complète la liste des principales activités survenues au cours de la dernière année.  En dépit du processus actuel de restructuration et d’une diminution marquée du nombre de permanents affectés aux différents services de la CECC, il me semble que la Conférence a su relever les défis qui se sont présentés en cours d’année.  Je tiens à rendre un hommage tout particulier aux membres du personnel de la Conférence, non seulement pour leur soutien, leur loyauté et leur dévouement exceptionnels, mais aussi pour leur compréhension et leur optimisme dans le contexte actuel de restructuration.  Il convient également d’adresser des remerciements à Mgr Mario Paquette, qui termine un premier mandat de trois ans comme Secrétaire général.  

Puisse l’Esprit Saint nous éclairer au cours de notre Assemblée plénière et nous donner de prendre les décisions qui aideront notre Église à mieux exercer son rôle pastoral et à  réveiller les forces spirituelles de notre monde. 

Merci.

 


Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Tél. : (613) 241-9461
Téléc. : (613) 241-9048 

 

 

Mise à jour le Vendredi, 05 Mars 2010  
Le Saint-Siège
Centre canadien d’œcuménisme
Organisme catholique pour la vie et la famille
opm
Sel + Lumière
wydcentral
DP FR Quick 






FaitesUnDon
Cover Page Unity of Life and Love FR
OCCDP Automne 2017
WMOF2018-Dublin-Ireland
184-940K FR

devp-logo-fr-50e

Logo 500e Reforme
Kit
Euthanasia FR
life-giving-fr
criteria
lespeuplesautochtones
vieetfamille
sexabuse2015fr

dyk3

Le diocèse le plus ancien au Canada est l’archidiocèse de Québec, établi en 1674. Monseigneur François de  Laval fut le premier évêque.