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Message adressé aux catholiques du Canada par Mgr Gerald Wiesner, président de la CECC, à l'occasion de la Pentecôte

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Chers amis,

Il y a presque un an maintenant, plusieurs d'entre vous ont signé une pétition pour réclamer
l'annulation de la dette des pays les plus pauvres. Vous aurez probablement pris connaissance de
cette pétition à votre église paroissiale, à l'école du quartier, lors d'une réunion communautaire ou d'une assemblée syndicale. En la signant, vous vous êtes joints à plus de 640 000 Canadiennes et Canadiens, et vous avez fait de cette campagne lancée par l'Initiative œcuménique canadienne pour le Jubilé un succès sans précédent au Canada.  Permettez-moi de vous remercier, personnellement et au nom de mes confrères évêques, pour l'accueil extraordinaire que vous avez réservé à cette initiative.

En nous informant sur ce problème de la dette, nous aurons probablement été nombreux à revivre les étapes qu'a traversées Marie-Madeleine lorsqu'elle s'est rendue au tombeau, le matin de Pâques, passant tour à tour de l'incrédulité à la foi puis au témoignage (Jn 20, 1-18). C'est précisément la route que notre célébration du temps pascal, qui culmine une fois de plus dans le miracle de transformation et de solidarité de la Pentecôte, nous invite à suivre aujourd'hui.

Évidemment, nous avons tous été bouleversés en découvrant l'ampleur du problème, choqués de voir tant de pays dépenser autant et même plus en intérêts sur leur dette que pour des services
indispensables d'éducation et de santé. Nous avons voulu réagir à des situations de criante inégalité dans notre monde, comme en Tanzanie où le tiers des enfants du pays souffrent de malnutrition et où moins de la moitié d'entre eux peuvent fréquenter l'école élémentaire. Nous avons voulu répondre à l'appel lancé par nombre de leaders mondiaux, dont le Saint-Père qui nous invitait instamment à profiter du Jubilé de l'an 2000 pour penser «à une réduction importante, sinon à un effacement total, de la dette internationale qui pèse sur le destin de nombreuses nations» (Tertio Millennio Adveniente,  N° 51).

Grâce aux campagnes de sensibilisation et de pression organisées à travers le monde par les églises et leurs alliés, nous avons fini par croire qu'un changement pouvait réellement survenir. Plus de 17 millions de signatures ont été recueillies et remises aux leaders des pays riches, les pays dits du G-8, lors de leur réunion de l'année dernière à Cologne, en Allemagne. Les évêques du Canada n'ont pas seulement donné leur plein appui à cette campagne, ils ont tenu par la suite à remercier l'Organisation catholique canadienne pour le Développement et la Paix (OCCDP) pour le leadership remarquable dont elle a fait preuve en suscitant un vaste mouvement de participation. Avec Développement et Paix, la Conférence des évêques catholiques du Canada a délégué Mgr Pierre Morissette à Cologne, afin qu'il puisse s'y associer à d'autres évêques de partout à travers le monde et rencontrer le Chancelier allemand à la veille de cette réunion cruciale du G-8.

À Cologne, les pays riches ont fait grand état de leur décision de radier 100 milliards de dollars
américains de la dette des pays les plus pauvres et les plus lourdement endettés. Le Premier ministre du Canada, en mars, avait déjà annoncé que notre pays annulerait à 100 pour cent les dettes (bilatérales) de certains des pays les plus pauvres. D'autres pays, comme les États-Unis, le
Royaume-Uni, la France et, cette année, le Japon, ont aussi rendu publiques des mesures de remise de la dette bilatérale à certaines conditions. Serions-nous donc parvenus à en finir avec le fléau de la dette des pays les plus pauvres du monde?

En bref, j'ai le regret de vous le dire, la réponse est non. Le Secrétaire général des Nations unies, M. Kofi Annan, déclarait le 14 mars 2000 que «l'allégement plus profond, plus rapide et plus étendu promis l'an dernier ne s'est toujours pas concrétisé». La remise des dettes bilatérales, promise l'an dernier par le Canada, n'a été accordée jusqu'ici qu'à un seul pays, le Bangladesh, et pour un montant de 600 000 $. Et même après la réunion, le mois dernier à Washington, des ministres des finances du monde entier, seuls cinq pays (la Bolivie, l'Ouganda, la Mauritanie, le Mozambique et la Tanzanie) ont commencé à bénéficier d'un allégement en vertu de l'initiative approuvée à Cologne. Comme le rapporte la campagne pour le Jubilé 2000, «les perspectives de progrès d'ici la fin de l'année du millénaire sont tout aussi alarmantes». La Banque mondiale estime, semble-t-il, que 19 pays seulement pourront profiter d'un allégement de leur dette cette année (et elle n'a de plan arrêté que pour 14 d'entre eux!)

Pour reprendre les mots du pape Jean-Paul II, «nous devons poser la question : … pourquoi tarder autant à résoudre le problème de la dette? Pourquoi tant d'hésitations? Pourquoi cette difficulté à fournir les fonds nécessaires à des initiatives qui ont déjà été approuvées? Ce sont les pauvres qui font les frais de l'indécision et de la tergiversation.»  (Rencontre de septembre 1999 de « Jubilé 2000»)

Les évêques du Canada continuent de suivre la situation et leur inquiétude amplifie.  Nous ne voulons pas laisser passer cette occasion de réaliser la justice sociale à l'échelle mondiale sans poser les gestes qui s'imposent. Vous pouvez être certains que nous allons poursuivre nos efforts d'éducation et de plaidoyer en faveur de l'annulation de la dette, mesure qui représente une telle nécessité pour les pays et les peuples du Sud. C'est là un engagement que nous avons pris en maintes occasions, et que nous avons renouvelé encore tout récemment lors de la Rencontre des évêques catholiques pour l'Église en Amérique, qui a eu lieu en février, à Vancouver.

Il y a deux façons précises de nous aider :

1) En approfondissant ce que vous savez de la célébration du Jubilé de l'an 2000, temps de justice pour tous et chacun dans le monde, et en vous engageant à y participer. Continuez de réfléchir et de prier sur les textes du Lévitique (25) et de l'Évangile de Luc (4), que ce soit à la maison ou dans vos communautés paroissiales.
 
2) En faisant savoir que vous tenez à ce que l'annulation de la dette soit plus rapide, plus étendue et plus profonde, et à ce qu'elle se fasse à travers des processus transparents qui associent les pauvres aux décisions concernant leur propre vie. Vous aurez trois occasions de faire connaître vos convictions en juin, juillet et août de cette année, comme vous pourrez le vérifier en consultant le site web de l'Initiative œcuménique canadienne pour le Jubilé, à www.web.net/~jubilee. Le plus important, à mon avis, c'est que les leaders des pays riches entendent parler de nous avant leur prochaine réunion, en juillet, à Okinawa, au Japon.

Au moment où nous nous préparons à une nouvelle Pentecôte de transformation et de solidarité,
puisse la grâce de Jésus Ressuscité accompagner chacune et chacun d'entre vous en cette année du Jubilé.  Puissions-nous célébrer dans la foi et manifester la justice à laquelle ont droit tous les êtres humains et la création tout entière.

Mgr Gerald Wiesner, o.m.i.
Évêque de Prince George
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada


Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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Tél. : (613) 241-9461
Téléc. : (613) 241-9048

 

Mise à jour le Mercredi, 16 Août 2006  
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