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Lettre du président de la CECC à Kofi Annan : L'ONU doit intervenir pour que cesse la guerre en République démocratique du Congo

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Monsieur Kofi Annan
Secrétaire général des Nations unies
New York, NY 10017

Excellence,

Profondément consternés par la guerre qui n'en finit plus en République Démocratique du Congo (RDC) et par ses conséquences désastreuses sur la vie des populations et le patrimoine national, nous désirons en appeler au Conseil de sécurité des Nations unies et à son Secrétaire général, afin que des mesures soient prises dans les plus brefs délais.

En guise de mesure immédiate, nous demandons avec insistance qu'un embargo total et effectif (conformément à la Charte des Nations unies, VII, 4) soit décrété sur les armes destinées aux parties congolaises engagées dans la guerre en RDC et aux États qui les soutiennent militairement (Angola, Burundi, Namibie, Rwanda, Ouganda, Zimbabwe).

Nous demandons aussi aux Nations unies de contribuer énergiquement à la mise en application rapide de l'Accord de Paix de Lusaka et à la tenue d'une conférence internationale pour la paix et la justice en Afrique Centrale.

Sans que l'opinion publique internationale y prête attention, la tragédie du Congo/Kinshasa se poursuit sur le terrain. Alors que, soutenues par le Rwanda et l'Ouganda, des troupes armées occupent les provinces de l'Est et s'adonnent au pillage, les réformes démocratiques tardent à se faire à Kinshasa.

Découlant du régime Mobutu, l'idéologie ethnocentrique qui attise la haine raciale à des fins politiques, -- principalement entre Tutsi et Hutu -- continue à se faire sentir. L'économie, l'éducation, la santé, l'agriculture et les infrastructures publiques sont dans un état de délabrement sans pareil. Les revenus disponibles et le produit national brut s'amenuisent de façon dramatique, alors que l'hyperinflation et la crise engendrée par la dette conduisent l'État à la faillite. La guerre et l'absence de droit ont fait éclater le pays. Les informations sur des massacres d'envergure et d'autres violations graves des droits humains se multiplient.

L'Accord de Lusaka du 10 juillet 1999 permettait d'entrevoir  l'ouverture tant souhaitée vers la paix et de nouvelles perspectives pour éteindre le dangereux incendie qui menace d'embraser l'Afrique Centrale. Mais aujourd'hui, la mise en application de cet Accord, fruit de laborieuses négociations entre les parties engagées dans le conflit, se fait attendre. Les causes en sont non seulement les difficultés rencontrées par la Commission militaire mixte (CMM) et par la Mission des observateurs de l'ONU (MONUC), mais aussi les complications engendrées par la reprise des combats sur les différents fronts, les attaques aériennes, le recrutement continu de nouveaux combattants et la distribution d'armes à la population civile. Enfin, le dialogue national est bloqué à Kinshasa avant même d'avoir réellement débuté.

Les richesses naturelles du Congo/Kinshasa sont pillées et envoyées hors des frontières du pays, au détriment des provinces de l'Est, particulièrement connues pour leurs richesses en matières minières, dont des métaux rares qui jouent un rôle important dans les industries de pointe (électronique, aéronautique et spatiale) ou dans la médecine nucléaire. Pour la population congolaise, la perte de ces richesses naturelles ne fait qu'ajouter à la liste de ses malheurs.

Actuellement, la République Démocratique du Congo est dans les faits divisée en plusieurs zones de pouvoir. En ce qui a trait à la résolution du conflit sévissant au Congo/Kinshasa, nous nous rallions à la position publiée à l'issue de la réunion des évêques catholiques du Rwanda, du Burundi et de la RDC, regroupés au sein de l'Association des Conférences épiscopales d'Afrique Centrale, (ACEAC) : «Une paix durable ne peut être atteinte qu'à travers le dialogue entre les fils de chacun de nos différents pays. Ce dialogue, dont la finalité se doit d'être une réconciliation sincère, doit reposer sur la justice et le pardon. Il doit, en même temps, ambitionner un ordre constitutionnel basé sur un consensus, en l'occurrence la restauration d'un État de droit se fondant sur une culture démocratique». En outre, les évêques soulignent que le dialogue inter-États doit avoir lieu sur la base du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de chaque pays.

Nous déplorons le désintérêt manifeste de la communauté internationale à l'égard du conflit congolais. La comparaison du traitement de la «crise congolaise» d'avec celles du Koweit (1990/1991), du Kosovo et du Timor Oriental (1999), laisse pour le moins apparaître des échelles de valeurs inégales dans l'évaluation des aspects humains de ces différents conflits. À titre de Secrétaire général de l'ONU, vous avez exprimé votre regret face à cet état de faits lors de l'ouverture de l'Assemblée générale de l'ONU, en septembre dernier. En RDC, plus de 50 millions d'habitants sont victimes d'un conflit qui ne cesse de s'aggraver. La population congolaise supporte d'autant moins cette situation que, pendant trois décennies, son pays a servi de rempart dans la défense des intérêts du «monde libre».

Eu égard à cette situation dramatique, nous lançons un appel à la communauté internationale afin que soient trouvés les voies et moyens pour faire revenir les belligérants aussi vite que possible au dialogue et au processus de paix prescrits par l'Accord de Lusaka. Les armes avec lesquelles l'on combat en Afrique Centrale proviennent pour la plupart, directement ou indirectement, des pays industrialisés. Apparemment, les embargos existants (dont celui décrété par l'Union européenne à l'encontre du Congo/Kinshasa, le 3 juin 1993), ne suffisent pas. Aussi est-il impérieux de décider d'un moratoire sur l'envoi de tout matériel de guerre dans la région. L'acheminement continue des armes dans la région suscite de nombreuses questions sur l'identité de ceux qui financent ce commerce et sur ceux à qui profite cette guerre.

Pour toutes ces raisons, nous demandons d'urgence l'adoption d'un embargo global sur les armes, en particulier sur les armes légères, à l'encontre des parties impliquées dans le conflit en RDC et des États engagés dans la guerre. À cet effet, la prise de mesures de contrôle  efficaces s'avère indispensable.

En même temps, nous exhortons l'ONU à contribuer, sans plus tarder et d'une manière énergique, à la mise en oeuvre globale de l'Accord de Lusaka, et plus particulièrement, à la tenue du dialogue intercongolais, et au maintien de l'intégrité territoriale de la RDC, en exigeant avec force le retrait des troupes d'occupation ougandaises, rwandaises, et burundaises, ainsi qu'à la sécurisation des frontières.

Finalement, nous en appelons à l'ONU pour qu'elle soutienne l'organisation et la convocation d'une Conférence de tous les États d'Afrique Centrale réclamée depuis longtemps pour baliser les voies de la paix et permettre le développement de toute la région.

Sincèrement en Notre-Seigneur,

Mgr Gerald Wiesner, o.m.i.
Évêque de Prince George
Président de la Conférence des Évêques catholiques du Canada


Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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Mise à jour le Mercredi, 16 Août 2006  
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