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En prévision du prochain budget fédéral : Les leaders des Églises au Canada dénoncent la pauvreté des enfants et lancent un appel au premier ministre Jean Chrétien

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Très honorable Jean Chrétien
Premier ministre du Canada
Chambre des communes
Ottawa, Ontario K1A 0G5

Monsieur le Premier ministre,

Permettez qu’au seuil d’un nouveau millénaire, nous venions nous adresser à vous.  Par l’entremise de l’Initiative œcuménique canadienne pour le Jubilé, les Églises du Canada ont saisi cette occasion unique de réfléchir sur leur passé et tourner leurs regards vers une nouvelle vision pour l’avenir.  La vision du Jubilé, qui prend ses racines autant dans les Écritures hébraïques que dans les Écritures chrétiennes, nous rappelle que Dieu a reconnu le besoin de rétablir les liens qu’avaient brisés l’injustice et l’inégalité. Lorsqu’on a présenté cette vision comme un défi actuel en ce début d’un nouveau siècle, les pratiquants ont répondu affirmativement.  Que 630 000 Canadiennes et Canadiens aient signé la pétition pour l’annulation de la dette circulée par l’Initiative œcuménique canadienne pour le Jubilé dans nos églises nous permet d’affirmer que nous parlons au nom d’un très grand nombre de citoyens du pays.

En tant que Canadiennes et Canadiens, c’est à la fois un défi et une occasion que nous présente l’avènement de l’an 2000.  La pauvreté, en effet, constitue une crise de misère qui nous interpelle tous.  C’est une crise de l’esprit qui affecte non seulement les pauvres, mais aussi ceux qui sont devenus indifférents aux besoins de leur prochain. Quant à l’occasion, c’est celle de réaliser la vision du Jubilé en nous efforçant de redonner une place à ceux qui se sont vu refuser l’accès aux richesses de la création de Dieu.

C’est en ce moment même que nous avons l’occasion de jouer un rôle actif dans la préparation du  prochain budget fédéral, afin que soient tenues certaines des promesses faites depuis déjà longtemps dans trois domaines importants : répondre aux besoins des enfants et des familles du Canada qui vivent dans la pauvreté, annuler la dette des pays pauvres et augmenter, par nos programmes d’aide,  le partage de nos ressources avec les pays pauvres.

En 1989, nous applaudissions à la résolution, prise à l’unanimité par la Chambre des communes, «d’éliminer la pauvreté chez les enfants du Canada d’ici l’an 2000.»  C’est avec inquiétude que nous constatons que la pauvreté chez les enfants et dans les familles a augmenté depuis dix ans et que la pauvreté est encore plus grande qu’en 1989. S’il s’en trouve pour contester les statistiques, personne, en revanche, ne peut nier la tendance à l’accroissement de la misère et de la souffrance.  Nous sommes cependant encouragés par certaines des mesures préliminaires prises par notre gouvernement. Nous soutenons les engagements pris dans le Discours du Trône  «d’élargir l’application des prestations d’assurance-emploi au titre des congés parentaux et en les rendant plus accessibles»,  «d’effectuer un troisième investissement important dans la Prestation nationale pour les enfants» et de conclure une entente avec les provinces sur «un programme d’action national afin d’accroître les ressources et de raffermir encore plus les mesures de soutien au développement des jeunes enfants.»  Nous appuyons la demande, faite par Campagne 2000, d’un plan quinquennal d’investissement social de la part du Canada qui consisterait à affecter à nouveau 1,5 pour 100 de notre PIB (3 milliards de dollars de nouveaux investissements dans les cinq prochaines années) à des investissements fédéraux en faveur des enfants et des familles.

Préalablement au Sommet de Cologne, nous avons félicité le Canada du leadership dont il a fait preuve en devançant les autres pays du G-7 par l’annulation intégrale de la dette bilatérale à l’endroit du Canada des pays pauvres très  endettés (PPTE) classés parmi les moins développés.  Nous observons que, depuis Cologne,  le président Clinton a offert d’effacer les dettes bilatérales de tous les pays admissibles au titre de la PPTE, et non seulement des pays les moins développés.  Nous croyons cependant que le Canada devrait faire à nouveau preuve de leadership en annulant intégralement les dettes bilatérales des 50 pays les plus pauvres,  comme on l’a fait récemment pour le Bangladesh.  Comme les pertes prévues sur les emprunts peuvent couvrir en grande partie le coût d’une telle annulation, le coût de nouvelles dépenses serait beaucoup moins important que la valeur nominale de ces emprunts.  Nous vous pressons donc de prévoir une nouvelle disposition du Jubilé d’environ 300 millions de dollars qui couvrirait le coût de la «bonification» de la remise intégrale de la dette bilatérale de l’ensemble des 50 pays à l’endroit du Canada.

Nous vous incitons également à appuyer l’annulation intégrale des dettes multilatérales de ces pays sans les contraindre à adhérer à des programmes d’ajustement structurel.  Nos partenaires des pays frappés par une crise économique n’ont cessé de nous répéter instamment, depuis des années, que les programmes d’ajustement structurel ont de plus en plus pour effet de priver de l’accès aux services de santé, à l’éducation et aux biens essentiels les personnes en difficulté, qui en ont pourtant désespérément besoin.

La fourniture de ressources capables de répondre aux besoins fondamentaux en matière de santé, d’éducation, d’approvisionnement en eau pure et d’hygiène contribue, dans une mesure essentielle, à permettre aux nations d’assurer le bien-être des plus vulnérables de leurs citoyens.  Nous sommes troublés d’apprendre que notre aide officielle au développement à l’étranger (AOD) a décliné de plus de 40 pour 100 depuis 1991, pour se limiter à 0,27 pour 100 du PNB du Canada, ce qui est bien en dessous de l’objectif de 0,7 pour 100 que s’était fixé le gouvernement.  Nous appuierions le Conseil canadien de coopération internationale s’il recommandait que le Canada s’établisse un échéancier d’Aide publique au développement à l’étranger allant jusqu’à un minimum de 0,35 pour 100 du PNB d’ici 2005 ou 2006.  Nous croyons que notre aide au développement à l’étranger devrait s’orienter  plus efficacement vers la diminution de la pauvreté.  Or, la promotion des intérêts commerciaux du Canada entre en conflit avec cet objectif, si bien que le gouvernement devrait, à notre avis,  augmenter délibérément un engagement envers une aide aux pays pauvres qui soit  libre de tout lien, si l’on veut que notre aide produise le maximum d’impact sur la pauvreté.

Nous n’ignorons pas que le prochain budget fait l’objet de fortes pressions contradictoires, mais dans un pays qui jouit d’une telle abondance, nous croyons qu’il faut accorder la priorité aux pauvres, tant au Canada que dans le reste du monde.  Rappelons-nous les paroles de Jésus :  «À qui l’on a beaucoup donné, on redemandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.»  (Luc 12,48)  Nous croyons que le Canada peut et doit faire davantage.  C'est dans l'espérance que nous prions pour que le premier budget du troisième millénaire soit un budget du Jubilé qui nous tracera une nouvelle voie pour l’avenir.

Agréez, Monsieur le Premier ministre, l’assurance de nos meilleurs sentiments.

Le Vén. Jim Boyles
Secrétaire Générale
L’Église anglicane du Canada

L’archevêque Hovnan Derderian
Primat
Le diocèse canadien de l’Église arménienne

Le Rév. Dr. Kenneth Bellous
Ministre exécutif
La Convention baptiste de l’Ontario et du Québec

Le Très Rév. Dr. Douglas
Superintendant
L’Église méthodiste épiscopale britannique du Canada

Gerald Wiesner, o.m.i.
Évêque de Prince George
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

Gordon G. McClure
Clerc
La Réunion annuelle canadienne de la Société religieuse des Amis

Le Rév. Messale Engeda
L’Église éthiopienne orthodoxe Tewahedo du Canada

L’évêque Telmor Sartison
L’Église évangélique luthérienne au Canada

Père Anthony Nikolic
L’Église catholique nationale polonaise du Canada

Le Rév. Arthur Van Seters, B.A., B.D., Th.M., Th.D.
Modérateur
L’Église presbytérienne au Canada

Le Rév. Jim Moerman
Secrétaire exécutif, Synode régional du Canada
L’Église reformée en Amérique

L’archevêque métropolitain Wasyly (Fedak)
Primat de l’Église orthodoxe ukrainienne du Canada

Virginia Coleman
Secrétaire générale
L’Église unie du Canada

Cc : L’honorable Lloyd Axworthy, Ministre des affaires étrangères
L’honorable Paul Martin, Ministre des finances


Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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Tél. : (613) 241-9461
Téléc. : (613) 241-9048

 

Mise à jour le Mercredi, 16 Août 2006  
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