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Déclaration du Conseil permanent de la CECC en vue du Sommet des Amériques : Texte de l'intervention de Mgr Maurice Couture, S.V., archevêque de Québec

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À droite, Mgr Maurice Couture, archevêque de Québec et Mgr Peter Schonenbach, p.h., secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Canada, ont participé à une conférence de presse visant à rendre publique la déclaration du Conseil permanent en vue du Sommet des Amérique qui se tiendra à Québec, du 20 au 22 avril 2001.
En novembre 1997, s’ouvrait à Rome une assemblée spéciale du Synode des évêques, qui réunissait quelque 250 évêques et une centaine d’invités provenant du continent américain, par conséquent des mêmes pays dont les chefs d’état ou du gouvernement participeront au Sommet de Québec. Comme membre de cette assemblée synodale, j’étais loin de m’attendre à ce que, moins de quatre ans plus tard, se déroulerait dans mon diocèse, presque à deux pas de ma résidence, une rencontre qui retiendrait une aussi large attention.

Le 22 janvier 1999, le pape Jean-Paul II signait à Mexico un document-synthèse des résolutions votées au synode de 1997, dont plusieurs portaient sur les problèmes soulevés par la mondialisation.  C’est dire qu’à l’intérieur de ce texte intitulé « L’Église en Amérique », en lien étroit avec les orientations que s’est donné l’Église catholique en regard de sa mission propre, plusieurs pages traitent des conditions socio-économiques qui affectent lourdement la vie des populations défavorisées du continent.  Qu’il me suffise d’énumérer les titres de certains paragraphes : · le respect des droits humains, · le phénomène de la mondialisation, · l’urbanisation croissante, · le poids de la dette extérieure, · la corruption, · le commerce et la consommation de la drogue, · la préoccupation pour l’écologie, · la course aux armements, · la culture de mort dans une société dominée par les puissants, · l’exclusion sociale, · les droits des autochtones, · la problématique des immigrés.

Autant d’enjeux dont le Sommet de Québec nous fait prendre une conscience plus vive. La conférence des évêques catholiques du Canada ayant pris une part très active à la préparation et à la tenue du Synode de l’Amérique, elle se devait de « manifester » à sa manière à l’occasion du Sommet de Québec :  elle le fait aujourd’hui en manifestant les préoccupations qu’elle porte en solidarité avec les autres Conférences épiscopales du continent.  Vous ne serez donc pas étonnés que son message, que nous rendons public ce matin, s’inspire largement du document « L’Église en Amérique », de même que d’une lettre ouverte qu’adressait récemment aux parlementaires canadiens la Commission des affaires sociales de la Conférence.  Je signale, en passant, que nos préoccupations rejoignent celles du Conseil canadien des Églises qui rendra public bientôt, si ce n’est déjà fait, sa prise de parole sur le même sujet, ainsi que celles de la Conférence canadienne des Religieuses et Religieux, dont le message était publié récemment.

Vous avez compris que notre intervention d’aujourd’hui, n’alimentera guère la psychose créée par les dispositifs de sécurité dans le Vieux-Québec  -  même si je les ai personnellement sous les yeux  - , ni la chronique des violences appréhendées dont les médias nous inondent depuis quelques semaines, faute peut-être d’une transparence plus grande qu’on souhaiterait de la part des organisateurs du Sommet, mais faute aussi d’une information substantielle sur les enjeux du Sommet.  Nous espérons y contribuer par notre intervention.

Après une bienvenue aux participants des deux Sommets, tant ceux des chefs d’état et de gouvernement qu’à ceux du Sommet des peuples  -  je participerai au premier lors d’une célébration de prière œcuménique qui portera à la conscience des chefs d’état et de gouvernement les préoccupations des évêques du Canada et je compte pouvoir m’associer de quelque manière aux activités du second  -  notre message s’attaque au cœur des enjeux du Sommet des Amériques : la mondialisation. La mondialisation, comme simple fait socio-économique, marque le tournant du millénaire, de même que l’industrialisation a caractérisé le tournant du siècle précédent : l’une et l’autre sont les résultats du progrès technique et de la productivité.  Mais alors qu’on n’a pas fini de contrer les excès du libéralisme économique qui a présidé au développement de la grande industrie, la société contemporaine, en Amérique principalement, est confrontée au néo-libéralisme, cette conception économique qui considère le profit et les lois du marché comme des paramètres absolus, au détriment de la dignité et du respect de la personne et du peuple.  Dans l’optique néo-libérale, tout devient marchandise, non seulement le capital et les biens matériels qu’il produit, mais aussi les biens vitaux que sont le travail, la santé, l’éducation, la qualité de l’environnement, même l’eau potable.  Dans une société compétitive à outrance, où la guerre commerciale l’emporte sur la volonté de créer la richesse commune, l’exclusion des plus faibles devient inévitable, qu’il s’agisse des citoyens plus pauvres à l’intérieur de leur pays, ou des pays plus pauvres à l’intérieur du continent.

Dans ce contexte, on est en droit de mettre en doute les prétendues retombées automatiques sur les plus pauvres que fait miroiter l’extension du libre-échange à tous les pays d’Amérique (la ZLÉA), puisque l’expérience nous a montré que l’accord similaire au niveau nord-américain a certes contribué à générer la croissance économique, mais n’a pas réussi à la partager.  On peut même se demander si le puissant lobby des grandes sociétés transnationales des pays du Nord ne risque pas de submerger, à la faveur des négociations multilatérales en cours, le pouvoir réel d’intervention des gouvernements chargés du bien commun de leurs ressortissants.

Dans la dernière partie de leur déclaration, les évêques canadiens soulignent certaines conséquences d’une ouverture plus grande des marchés sur l’égalité effective pour les femmes, la protection de l’environnement, le fardeau de la dette internationale des pays pauvres et le respect des droits humains.

J’ai encore en mémoire les interpellations angoissées des évêques de l’Amérique du Sud, de l’Amérique Centrale, des Caraïbes et des Antilles à l’adresse de leurs collègues nord-américains lors du Synode de 1997.  Ils suppliaient leurs gouvernements et les nôtres de ne pas se départir de leurs responsabilités face à l’hécatombe écologique provoquée par la recherche sans frein du profit immédiat de la part des industries de toutes sortes.

Ils nous décrivaient comment la dette internationale étranglait l’économie de leur pays et rendait quasi impossible tout développement durable.  Ils nous mettaient en garde contre l’illusion de croire que la mise en place des structures démocratiques formelles dans les pays américains aurait fait disparaître les trop nombreuses violations des droits fondamentaux, souvent liés aux conditions imposées par le marché.

Sensible à ces appels du tiers-monde, et sans oublier les exclus de notre quart-monde, les évêques canadiens se tournent vers nos gouvernants à nous, qui ont manifesté à l’occasion quelque sensibilité à l’égard des problèmes cruciaux qui viennent d’être évoqués, et ils leur demandent d’exercer leur influence, comme hôtes du Sommet de Québec, dans le but d’établir un ordre de justice et d’équité marqué au cœur de la liberté, du partage de la richesse et du respect de la planète.  Et sur un ton plus optimiste, ils concluent : « Nous croyons sincèrement que l’intégration économique continentale recevrait un appui plus manifeste si les accords qui y conduisent garantissaient sérieusement l’équité économique, la protection accrue de l’environnement et l’égalité des chances.  Ce serait la mondialisation de la solidarité.


Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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Mise à jour le Mardi, 15 Août 2006  
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