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Message de Noël 2003

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« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! »

Ces paroles, tirées du récit de Noël de l’Évangile de Luc, nous les répétons souvent au cours de l’année dans l’hymne de louange du Gloria, au début de nos célébrations eucharistiques. La paix n’est pas, dans notre monde, quelque chose qu’on puisse tenir pour acquis. Nous sommes douloureusement confrontés à cette réalité par tant de reportages sur le terrorisme et les attentats à la bombe qui continuent de tuer et de mutiler des victimes innocentes. Sans cesser de dénoncer ces formes brutales de violence, nous devons cependant déplorer d’autres atteintes, moins évidentes mais tout aussi destructrices, à la vie des collectivités et des nations, notamment l’exploitation économique qui viole, elle aussi, les droits et la dignité de la personne humaine.

Il y a longtemps que s’élèvent des voix pour réclamer la fin des conflits, essentielle à la paix. Telle est précisément, chez Isaïe, la vision du jour du Messie : de leurs épées, ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles ; on ne lèvera plus l’épée nation contre nation, et on ne s’entraînera plus à la guerre (Isaïe 2). La naissance de l’enfant qui sera appelé Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix annonce une époque où sera brisé le bâton de l’oppresseur, jetés au feu les bottes qui avancent au pas et les manteaux couverts de sang (Isaïe 9).

Et pourtant, la paix est beaucoup plus que l’absence de violence physique. La paix comprend la réconciliation. Elle défait les nœuds de haine et de colère dans le cœur humain. Elle commence par accorder à l’autre le pardon et par accepter en retour le pardon de l’autre. «Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés», disons-nous. Ou, comme l’explique Jésus dans l’Évangile de Luc (6, 36-38), «Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux… car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous».

La paix comprend la guérison, l’intégrité et l’intégralité. Elle touche les personnes qui nous sont les plus proches aussi bien que celles qui sont loin ; elle découle de la renaissance spirituelle de l’humanité dans le Christ, en qui il n’y a plus d’étrangers ou de gens de passage (Éphésiens 2,17). Elle consiste à accueillir et à cultiver toutes les relations : avec nos proches, nos voisins, toute l’humanité et l’ensemble de la création. La destruction de la paix est décrite aux premières pages du livre de la Genèse comme un exil du jardin d’Éden, sous le signe de la trahison et de la violence, de l’hostilité entre l’homme et la femme, de la naissance des enfants dans la douleur, du combat de l’humanité contre la nature, du bannissement de la présence de Dieu par des anges au glaive fulgurant.

Mais la naissance de la paix dans la nuit de Noël marque un nouveau commencement. Un enfant naît dans la gloire céleste, la nuit et la nature sont remplies du chant des anges, et les marginalisés se font dire : n’ayez pas peur, réjouissez-vous. Ceux qui vivaient en exil de la société furent les premiers à avoir le privilège d’admirer les miracles de Dieu et les merveilles de la vie, humaine et divine – dans une crèche!

«Que la grâce et la paix soient avec vous.» Cette salutation revient fréquemment dans le Nouveau Testament et nous la reprenons souvent aussi dans nos célébrations liturgiques. La paix est une grâce – car elle est un don de Dieu. Don reçu gratuitement, elle doit être partagée gratuitement. Mais quand nous disons que la paix est une grâce, nous reconnaissons aussi en elle un miracle. Quoi que nous puissions faire pour instaurer la paix, celle-ci comporte toujours une dimension qui transcende nos efforts et qui ne dépend pas de nous. La paix est révélation de la présence mystérieuse de Dieu.

Si la paix régnait dans le monde, si l’on mettait fin à la guerre et à la violence, ce serait sûrement un miracle, l’œuvre de Dieu. L’absence de conflits – au Proche-Orient, en Afrique, en Europe de l’Est, en Amérique latine. La disparition de la violence raciale et religieuse – à l’étranger comme chez nous. La fin de l’oppression militaire et économique – dans les relations internationales et dans la politique intérieure. Qui ne pourrait y voir l’intervention de Dieu ?

Mais il ne faut pas un moins grand miracle pour que, tous ensemble, nous renouvelions nos efforts pour lutter contre les ravages causés à la dignité humaine par le sida, la faim dans le monde, la discrimination raciale, la pauvreté infantile et la rupture des familles.

Il n’y a pas de miracle sans collaboration et sans vision. Jésus le Messie est né à Bethléem parce que Marie a dit oui. «Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole» (Luc 1,38). Les bergers ont pu voir et croire à la gloire de Dieu et à la promesse de paix parce qu’ils avaient écouté les anciennes prophéties d’Isaïe et qu’ils ont pu reconnaître le message des anges dans la nuit.

Si nous voulons voir advenir la paix dans notre monde, il nous faut, nous aussi, pouvoir la reconnaître et accepter de collaborer à l’humilité de sa naissance. Car une chose est sûre : nous minons les possibilités de paix à notre époque chaque fois que nous passons par-dessus la merveille de la vie. Nous attisons la violence et la destruction dans notre société et dans notre monde chaque fois que nous négligeons de rendre espoir et courage à nos proches, aux familles et aux foyers de notre voisinage, aux personnes appauvries et marginalisées autour de nous.

En encourageant et en aidant les familles et les personnes vulnérables, nous semons la paix pour aujourd’hui et pour demain. Quand nous soutenons la vie en créant un espace accueillant pour les personnes exclues et vulnérables, nous contribuons à la paix dans le monde entier. En vivant la guérison et la réconciliation dans nos relations entre nous et avec la création, nous permettons à Dieu d’être avec nous et de s’incarner parmi nous.

Puisse Noël être pour chacune et chacun de nous l’occasion de renouveler notre engagement à devenir artisans de paix, hommes et femmes de réconciliation et de pardon, pour ceux et celles qui nous entourent et pour l’ensemble de notre société. La réconciliation et le pardon que nous cultivons dans notre cœur et notre vie transforment les gens qui nous entourent tout comme la paix et la guérison que nous apportons à notre quartier et à notre collectivité sont essentielles à la transformation et au renouvellement de toute la création.

La paix sur la terre est la gloire de Dieu. Si la paix et la réconciliation n’arrivent pas à naître et à trouver un abri dans notre cœur et dans notre vie, comment notre monde pourrait-il espérer voir la gloire de Dieu et en goûter la joie ?


+ Brendan M. O’Brien
Archevêque de St John’s
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada


Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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Mise à jour le Jeudi, 10 Août 2006  
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