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Lettre du président de la CECC, Mgr Pierre Morissette, au Premier ministre Stephen Harper, concernant la situation en Terre Sainte

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Le très honorable Stephen Harper, P.C., M.P.
Premier ministre du Canada
80, rue Wellington
Ottawa, Ontario
K1A 0A2

 

Monsieur le Premier ministre,

La Conférence des évêques catholiques du Canada a pour politique d’insister pour que soient entièrement respectés les droits et les espoirs tant des Israéliens que des Palestiniens, de faire tout ce qui est possible afin d’encourager les efforts pour parvenir à la justice et à la paix dans l’ensemble du Moyen-Orient, et de se souvenir que les questions qui se posent en Terre Sainte ont une importance vitale pour les Juifs et les musulmans comme pour les chrétiens, y compris ceux qui, depuis des siècles, vivent dans ce qui est aujourd’hui Israël et les Territoires palestiniens, de même que pour les religions juive, musulmane et chrétienne à travers le monde.

Tout en respectant et en soutenant pleinement le droit et le besoin qu’ont les citoyens israéliens de vivre en sécurité, la Conférence des évêques est très consciente que beaucoup de gens, au Moyen-Orient, souffrent de frustrations de plus en plus intenses, deviennent impatients et même hostiles en raison des nombreuses mesures de sécurité imposées par l’État d’Israël. Ainsi, les efforts actuels visant à améliorer la sécurité pourraient, ironiquement, avoir dans l’avenir la conséquence non voulue mais inévitable d’engendrer l’insécurité.

Permettez-moi de vous soumettre deux exemples. Le premier concerne l’expérience que j’ai moi-même vécue au cours de la visite que j’ai effectuée, du 9 au 14 janvier dernier, avec des représentants d’autres Conférences d’évêques catholiques d’Europe et des États-Unis, dans le cadre d’une réunion qui a lieu chaque année à Jérusalem ou dans la région avoisinante.

Une journée, au cours de ce séjour, j’ai participé à la visite du couvent de Sœurs Comboniennes qui dirigent un jardin d’enfants. Le gouvernement israélien a prolongé le mur de sécurité le long de la propriété des religieuses, empêchant ainsi les enfants d’accéder à l’école.  Après de nombreuses  protestations,  les parents et les  religieuses ont réussi à obtenir qu’une porte étroite soit ouverte dans le mur. Chaque jour, la « porte » est verrouillée et ouverte par la police militaire. Lors de notre visite, les soldats sont arrivés 45 minutes après l’heure prévue, ce qui, semble-t-il,  se  produit  couramment, bien  qu’un  point de contrôle militaire ait  été  installé sur la propriété même des religieuses. N’importe quel parent canadien de jeunes enfants peut facilement imaginer la frustration et l’humiliation causées jour après jour par cet arrangement très malcommode, simplement pour déposer les enfants à l’école et les y reprendre.

Le second exemple concerne les mesures de sécurité israéliennes qui restreignent sévèrement la participation des chrétiens catholiques et orthodoxes aux prières et aux célébrations conduisant à Pâques.

Ainsi qu’il ressort d’un communiqué de presse daté du 20 mars 2010 (dont des copies en anglais et en arabe, ainsi qu’une traduction française, sont jointes en annexe), les chrétiens de Jérusalem sont entravés et limités pour célébrer la bénédiction du feu lors de la Veillée pascale, participer à la prière du matin du Samedi Saint et faire une procession jusqu’au Saint Sépulcre. Bien qu’un accord de base existe depuis 1852 sur le respect de ces célébrations, les chrétiens se plaignent, depuis cinq ans, que la police israélienne impose des restrictions injustifiées, le tout culminant maintenant dans un appel au secours adressé à la communauté internationale pour qu’elle vienne en aide aux chrétiens de Terre Sainte afin qu’ils puissent exercer leurs droits religieux. Citant le communiqué de presse, « les chrétiens se voient refuser… le droit de pratiquer leur religion » en raison de « barrages routiers dans la vieille ville, de la présence de policiers armés de mitraillettes, de comportements grossiers et hostiles de la part de la police et des membres de l’armée… [ainsi que] de couvre-feux et de fermetures imposées ».

Une fois de plus, je tiens à souligner que les évêques catholiques du Canada continueront à soutenir le droit et la nécessité, pour les Israéliens, de vivre en sécurité. Simultanément, nous sommes conscients que beaucoup des mesures de sécurité imposées par le gouvernement d’Israël accroissent la malveillance et risquent finalement de susciter de la violence.

Monsieur le Premier ministre, je demande au gouvernement du Canada de faire tout ce qu’il peut pour favoriser un règlement juste et durable de ce conflit, qui tienne compte des droits et besoins des Israéliens et des Palestiniens, y compris les Juifs, les musulmans et les chrétiens.

Au moment où les chrétiens canadiens s’associent à leurs frères et sœurs du monde entier en vue de se préparer à la Semaine Sainte, nous nous joignons à vous dans la prière et la recherche de la paix qui est promise à travers les fêtes pascales.

Vous remerciant pour l’attention que vous réserverez à la présente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, mes salutations les plus distinguées.

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Mgr Pierre Morissette
Évêque de Saint-Jérôme
Président 
Conférence des évêques catholiques du Canada

 
Le Saint-Siège
Centre canadien d’œcuménisme
Organisme catholique pour la vie et la famille
opm
Sel + Lumière
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DP FR Quick 






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