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BIENHEUREUX JEAN XXIII ET BIENHEUREUX JEAN-PAUL II – DEUX TÉMOINS IMPORTANTS DE NOTRE TEMPS :

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Déclaration concernant leur canonisation par Mgr Paul-André Durocher, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

durocheAvec tous les évêques du Canada, je me réjouis de l’annonce de la canonisation des bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II, qui aura lieu le 27 avril 2014. Cette canonisation sera un moment important d’action de grâces pour l’Église universelle, alors que nous célébrerons la sainteté de ces deux hommes, manifestée dans le témoignage de leur ministère et dans leur proclamation de l’Évangile, ainsi que dans leur vie de prière et de charité.

Je me souviens clairement de ce 3 juin 1963, alors que le glas a sonné dans notre village pendant presque une heure de temps. J’avais neuf ans. La directrice de notre petite école est entrée dans notre classe : « Les enfants, mettez-vous à genoux, le Pape est mort! » Même très jeune, j’étais conscient qu’un grand homme venait de nous quitter, le « bon » Pape Jean, comme on l’appelait.

Plus tard, j’ai compris comment il a tendu la main à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté afin de les aimer, de les éclairer de son enseignement et de les inviter à l’engagement pour la paix. Pendant son pontificat, Jean XXIII a toujours pris à cœur la souffrance et les besoins du monde. La célèbre visite de la prison Regina Cœli, en décembre 1958, résume son style pastoral. En regardant les prisonniers, il leur dit : « J’ai plongé mes yeux dans les vôtres, j’ai pressé mon cœur contre le vôtre. »

La semaine dernière, les évêques du Canada, rassemblés en plénière, se sont remémoré son encyclique Pacem in Terris, « La paix sur la terre ». Nous nous sommes rappelés comment, à peine quelques semaines avant sa mort, il s’était adressé à la communauté mondiale et avait imploré les grands dirigeants de construire une paix authentique plutôt qu’une trêve factice fondée sur la dissuasion nucléaire. Il avait vécu les horreurs de la Première Guerre mondiale et avait servi comme délégué apostolique en Turquie et en Grèce. Il était ensuite devenu nonce apostolique en France à la fin de la Deuxième Guerre mondiale pendant laquelle il s’était employé à sauver la vie de réfugiés et d’immigrants par des interventions diplomatiques. Il savait d’expérience ce que voulait dire s’engager pour la paix.

Évidemment, on se souvient surtout de lui comme l’homme de la main tendue et du dialogue qui a convoqué le Concile Vatican II. Il n’a pas pu en voir l’aboutissement, mais les textes finaux du Concile, ouverts sur le monde, engagés dans l’œcuménisme, portaient certainement sa marque. Il a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 3 septembre 2000. L’Église du Canada et l’Église universelle sont à jamais reconnaissantes à Jean XXIII pour la force de son témoignage et de sa fidélité au Christ.

Et que dire du Pape Jean-Paul II? Comme beaucoup de mes confrères, j’ai été frappé par sa jeunesse et sa force de caractère dès son apparition au balcon de la place St-Pierre le jour de son élection, le 16 octobre 1978. Et comment oublier ces mots vibrants de la messe inaugurale de son pontificat alors que le pape de 58 ans interpellait le monde : « N’ayez pas peur. Ouvrez toutes grandes les portes au Christ. » Pendant les 27 années suivantes, il proclamerait ce même message dans de nombreux écrits et dans une série de voyages à travers le monde.

Né Karol Józef Wojtyła le 18 mai 1920 à Wadowice en Pologne, Jean-Paul II avait connu dans sa jeunesse les horreurs du nazisme et du communisme. Devenu pape, il s’est fait le défenseur infatigable de la dignité de la personne, dénonçant toutes les formes d’injustice et proposant une vision de la personne humaine enracinée dans la personne du Christ rédempteur de l’humanité, ce qui a d’ailleurs été le thème programmatique de la première de ses 14 encycliques.

Au Canada, nous avons eu la joie et la grâce insigne de recevoir le pape Jean-Paul II à trois reprises. Sa première visite a eu lieu en 1984 : il est ainsi devenu le premier pape de l’histoire à mettre le pied en sol canadien. Il a traversé le pays d’un océan à l’autre, parcourant 15 000 kilomètres en 12 jours. J’étais là au Stade olympique à Montréal lorsqu’il a prié avec des milliers de jeunes. J’étais également présent sur les plaines LeBreton d’Ottawa lors de la messe finale consacrée à la paix. Avec des milliers de Canadiens et de Canadiennes, catholiques et non-catholiques, je me rappelle de son passage comme d’un souffle de renouveau sur nos terres.

En 1987, il est revenu au Canada pour tenir la promesse qu’il avait prise de rencontrer la population amérindienne des Territoires du Nord-Ouest à Fort Nelson. Le pape avait espéré rencontrer cette communauté en 1984, mais les intempéries l’en avaient empêché.

Sa troisième et dernière visite a eu lieu en 2002 à Toronto, lors du rassemblement de centaines de milliers de jeunes dans le cadre de la 17e Journée mondiale de la jeunesse. Le pape a passé six jours à Toronto et dans les environs, durant lesquels il a rencontré des jeunes venus des quatre coins du monde. Je me souviens de cette foule de 800 000 personnes qui avait envahi le parc Downsview pour la messe de clôture, le 28 juillet 2002. Les nuages s’étaient écartés pour laisser briller le soleil alors qu’il a proclamé le Christ, source et accomplissement du sens et de l’amour auxquels aspire si profondément la jeunesse. Un an avant sa mort, j’ai eu une dernière occasion de lui donner la main. Malgré son âge et sa maladie, ses yeux se sont allumés quand je lui ai dit que j’étais du Canada et que sa visite aux JMJ portait toujours des fruits chez nous.

Le pape Jean-Paul II est décédé le 2 avril 2005, à l’âge de 85 ans. L’impact de sa vie de même que ses enseignements est immense, comme un grand banquet que l’Église et le monde n’ont pas fini d’assimiler. Jean-Paul II a été béatifié par le pape Benoît XVI le 1er mai 2011.

En communion avec mes frères évêques et avec tous les fidèles du Canada, je rends grâces à Dieu tout-puissant pour le don de ces deux guides lumineux. Le bienheureux Jean XXIII et le bienheureux Jean-Paul II, chacun à sa façon, ont ouvert une voie de sagesse en des heures ténébreuses. Par leur fidélité au Christ, ils ont cultivé la joie et l’espérance. À leur exemple, soyons des témoins de l’Évangile au cœur du monde.

+ Paul-André Durocher
Archevêque de Gatineau
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

Le 2 octobre 2013


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Mise à jour le Mercredi, 02 Octobre 2013  
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