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Déclaration du Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada à l’occasion du 100e anniversaire de l’entrée du Canada dans la Première Guerre mondiale

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durocheLe 4 août 1914, la Grande-Bretagne déclarait la guerre à l'Allemagne qui avait bradé la neutralité de la Belgique en l'envahissant. Le Canada, pays de l'Empire britannique, se trouvait par le fait même entraîné dans ce qui deviendrait la première de deux guerres mondiales. Quelques semaines plus tard, le Parlement canadien approuvait la Loi des mesures de guerre permettant au gouvernement de coordonner l'engagement du Canada dans cette guerre sanglante qui a entraîné la mort de plus de neuf millions de militaires et de sept millions de civils au cours des prochaines quatre années.

Comment aujourd'hui comprendre cet événement dans une perspective de foi évangélique? Comment les disciples du Prince de la paix devraient-ils commémorer ce violent bouleversement pour lequel tant de vies ont été sacrifiées?

Les horreurs de la guerre, la dignité du soldat

Distinguons d'abord entre la guerre et ses victimes. À peine deux mois après le début des combats, les évêques des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et Ottawa déploraient les affres de la guerre en des mots qui nous touchent encore aujourd'hui. « La mitraille a jeté dans la désolation des familles sans nombre : des femmes par milliers pleurent la perte de leurs époux, des mères, celle de leurs fils, des orphelins celle de leurs parents. Villes consumées par l'incendie, monuments renversés, foyers éteints, champs dévastés, fabriques fermées, industrie ralentie, bataillons fauchés comme des épis, fleur des nations effeuillée aux quatre vents du ciel : que de ruines, Nos Très Chers Frères, se sont accumulées dans ce court espace de temps! » (Lettre pastorale sur les devoirs des catholiques dans la guerre actuelle, 23 septembre 1914)

Ces mots nous rappellent les horreurs de la guerre, qu'il ne faudrait jamais louer, célébrer ou honorer.

Cependant, nous devrions honorer ces soldats qui, convaincus de combattre le Mal, ont accepté d'endurer la misère, la douleur, les blessures et même la mort. Leurs sacrifices, ainsi que ceux de leurs familles et amis, ne devraient jamais être oubliés. Ils ont été les premières victimes de la guerre. Rassemblons-nous, pleurons leur mort, regrettons leur trop bref passage sur la terre : et, en leur nom, engageons-nous à construire la paix.

Depuis ce temps, les Forces armées canadiennes ont souvent fait preuve de grand humanisme, même au cœur d'horribles conflagrations. Au fil des décennies, plusieurs ont bénéficié de cette valeur lors de missions de sauvetage et du maintien de la paix dans des zones sinistrées. C'est un rôle qu'il nous faut maintenir et relever.

Il arrive que la guerre se transporte jusque dans le cœur de certains de nos soldats et qu'elle les entraîne dans la violence et le désespoir. Il y a là pour nous comme un appel à soutenir nos soldats actifs et vétérans, leurs familles et leurs entourages.

Je voudrais par ailleurs souligner le rôle inestimable joué par les aumôniers militaires – les prêtres, les diacres et les laïcs – qui accompagnent nos soldats et leurs familles, leur donnent conseils et les encouragent, veillent avec eux, prient avec eux, pleurent avec eux. Ils s'avèrent de véritables phares d'espérance, surtout dans les zones obscures d'engagement et de combat.

Commémorer une guerre en s'engageant pour la paix

Le 100e anniversaire du début de la Première Guerre mondiale doit devenir pour les chrétiennes et les chrétiens l'occasion de renouveler leur propre engagement pour la paix. Demandons à Dieu de faire de chacun et de chacune de nous un instrument de paix. Ouvrons nos cœurs à l'Esprit de Jésus dont les fruits se nomment « amour, joie, paix » (Galates 5, 22).

Rappelons-nous par ailleurs les paroles du Pape Paul VI : « Le développement est le nouveau nom de la paix. » (Populorum progressio, no 87) Nous le voyons aujourd'hui encore : c'est souvent dans les pays les plus pauvres, dans les situations les plus déplorables, que surgit la guerre. La guerre se nourrit de chômage, de faim, d'oppression et de désespoir. Nous bâtirons la paix en bâtissant un monde plus juste, où chaque personne peut goûter un peu de la beauté de la vie.

Dans son message pour la Journée mondiale pour la paix en 2006, le pape Benoît XVI avait affirmé : « Le fondement d'une paix authentique s'appuie seulement sur la vérité de Dieu et de l'homme. » Ces mots de sagesse nous rappellent le lien profond entre la proclamation de l'Évangile et l'engagement pour la paix.

Il est donc providentiel qu'en 2014, centième année du début de la Première Guerre mondiale, le pape François invite toute l'Église catholique à une conversion « pastorale et missionnaire ». L'annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur n'a jamais été aussi urgente que dans ce contexte où la guerre peut s'avérer si destructive, si meurtrière. Nous sommes tous et toutes conviés à être non seulement les fidèles disciples du Prince de la paix, mais aussi ses ardents missionnaires.

Marquons donc le 100e anniversaire du début de la Grande Guerre de 1914-1918 en renouvelant notre engagement d'être, au cœur de notre grand pays, des témoins engagés pour la justice et la paix.

+ Paul-André Durocher
Archevêque de Gatineau
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

1er août 2014


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Mise à jour le Vendredi, 01 Août 2014  
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