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Commentaire de la Conférence des évêques catholiques du Canada à propos d’une entrevue réalisée par PROXIMO avec M. Claude Lacaille, P.M.É.

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À la suite de l’entrevue qui a été réalisée avec M. Claude Lacaille, P.M.É., et qui a été diffusée par le service de nouvelles Proximo dans son édition du 23 avril 2011 sous le titre : « Crise chez Développement et Paix : des catholiques québécois en ont ras-le-bol », la Conférence des évêques catholiques du Canada juge nécessaire d’apporter quelques précisions.

COMMENTAIRE DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES CATHOLIQUES DU CANADA
À PROPOS D’UNE ENTREVUE RÉALISÉE PAR PROXIMO
AVEC LE PÈRE CLAUDE LACAILLE, P.M.É.

Dans son édition du 23 avril 2011, Proximo faisait paraître une entrevue avec le Père Claude Lacaille, P.M.É., intitulée « Crise chez Développement et Paix : des catholiques québécois en ont ras-le-bol » (http://www.radiovm.com/Proximo/Nouvelles.aspx?/=8896). En introduction, Proximo faisait état d’accusations « visiblement prises au sérieux par quelques évêques » tandis que le Père Lacaille allait encore plus loin en suggérant que les évêques du Canada sont prostrés [« il y a de ‘l’à-plat-ventrisme’ chez les évêques canadiens »], effrayés [« Arrêtez d’avoir peur! »] et victimes de manipulation [« il ne faut pas se laisser manipuler » par « une espèce de mafia … des sites Internet »].

L’article semble faire suite à la décision prise récemment de contremander les interventions publiques prévues en Ontario par l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix (OCCDP) de la part du directeur du Centre PRODH, du Mexique. La brève chronologie qui suit permettra de clarifier différents aspects de cette question. Au printemps 2009, un comité d’enquête de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) avait conclu que le Centre PRODH faisait partie d’un groupe d’organismes mexicains qui avaient « fait preuve d’imprudence en signant un rapport des Nations Unies sur la situation des droits humains au Mexique, qui contenait des orientations non conformes à l’enseignement de l’Église catholique » Néanmoins, un peu plus tôt cette année, parce qu’une autre personne-ressource invitée pour le Carême de partage  n’avait pu obtenir de visa, un membre du personnel de Développement et Paix a demandé au directeur du Centre PRODH de remplacer au pied levé cet autre conférencier. Dès qu’a été connue cette nouvelle invitation, des questions et des protestations se sont fait entendre.  Après mûres réflexions, l’Archevêque d’Ottawa et le Directeur général de Développement et Paix ont décidé de concert d’annuler les interventions prévues, pour éviter que la controverse ne détourne l’attention du programme du Carême de partage. Par la suite, les autorités de l’Église au Mexique ont confirmé nourrir de sérieuses inquiétudes au sujet du Centre PRODH. Cette information a été portée à l’attention du Secrétaire général de la CECC, qui se devait de la communiquer à tous les évêques, notamment à l’Archevêque d’Ottawa, ainsi qu’à Développement et Paix.

C’est dire que le Père Lacaille fait erreur quand il affirme que le Centre PRODH avait été « lavé de tout soupçon » par la CECC. D’ailleurs, quelles que soient les questions ou les objections soulevées par l’un ou l’autre site Internet, ce qui importe pour les évêques canadiens et pour Développement et Paix, c’est que le Centre PRODH ne reçoit pas l’appui sans réserves de l’évêque local au Mexique.  

Ceci mène à la question de fond que posent le Père Lacaille et Proximo. Le Père Lacaille affirme que « certains évêques souhaitent la mort de D&P » et qu’il ne faut pas les laisser détruire l’Organisation [« Ne détruisez pas ça »]. Pour répondre à cette accusation, il faut distinguer deux problèmes différents mais importants, que le Père Lacaille confond malheureusement : les difficultés et les défis que posent non seulement à l’Église mais à toute notre société certaines voix polarisées à l’extrême qui se servent des médias sociaux, et les efforts que fait actuellement Développement et Paix pour veiller à ce que sa priorité et son objectif principal demeurent le développement humain.

Le défi des communications sera abordé plus loin dans ce commentaire, compte tenu des points à examiner en ce qui concerne l’OCCDP et qui inquiète particulièrement Proximo et le Père Lacaille. Développement et Paix a été fondé par les évêques canadiens en réponse à l’Encyclique Populorum Progressio sur le développement des peuples, publiée par le Pape Paul VI en 1967. Ce thème allait être repris et développé par le Pape Jean-Paul II et il a reçu récemment une impulsion nouvelle avec la parution de l’Encyclique du Pape Benoît XVI Caritas in Veritate, sur le développement humain intégral dans la charité et la vérité. Axée sur l’idée que « l’ouverture à la vie est au cœur du vrai développement » (n° 28), l’Encyclique apparaît à l’OCCDP et aux évêques du Canada comme une occasion décisive pour renforcer et redynamiser Développement et Paix.

Au-delà des accusations portées contre l’OCCDP par quelques sites Internet, c’est bien plutôt l’approche holistique du développement humain dans l’Encyclique qui est au cœur de la réflexion des évêques du Canada sur Développement et Paix. Lors de leur Assemblée plénière 2009, les évêques ont souligné les liens étroits qui les unissent à l’OCCDP, ils ont exprimé leur profond désir de lui voir continuer sa mission, dit leur appréciation pour l’excellent travail accompli depuis des années, confirmé leur intention de collaborer à son renouveau à la révision de son mandat à la lumière de Caritas in Veritate. C’est pourquoi, à leur Assemblée plénière 2010, les évêques ont décidé, vu l’importance de l’agence et de sa mission, qu’il était justifié de créer, au lieu d’un Comité ad hoc sur Développement et Paix, un nouveau Comité permanent à la CECC. Le Comité permanent a pour but de conseiller à la fois la Conférence et l’OCCDP, de leur offrir « une tribune où partager l’information et collaborer plus étroitement à réaliser leur objectif commun, qui est de venir en aide aux personnes les plus vulnérables de notre monde ». Ces faits sont tous documentés sur le site Internet de la CECC, www.cccb.ca.

Ainsi, les évêques de tout le pays, du Québec comme du reste du Canada, du Secteur français comme du Secteur anglais, ont participé à cette confirmation de Développement et Paix et de sa mission. Le Comité permanent lui-même comprend actuellement deux évêques du Québec (Mgr André Gaumond, archevêque de Sherbrooke, et Mgr Pierre-André Fournier, archevêque de Rimouski) et deux évêques du Canada anglais (Mgr John Boissonneau, évêque auxiliaire à Toronto, et Mgr Fred Henry, évêque de Calgary). En outre, le Comité est conseillé par deux évêques nommés par notre Conférence pour la représenter au Conseil national de Développement et paix : Mgr Claude Champagne, O.M.I., évêque d’Edmundston, et Mgr Richard Grecco, évêque de Charlottetown. Au cours des prochains mois -- la chose a été approuvée par le conseil national de l’OCCDP -- ces deux évêques deviendront aussi membres de plein droit du Comité permanent.

Outre son entrevue dans Proximo, le Père Lacaille a fait circuler des lettres qui reprochent aux évêques canadiens d’insister auprès de Développement et Paix pour qu’on demande aux évêques locaux du Sud global de conseiller D&P sur ses projets dans leur diocèse. Dans le passé, le nihil obstat de l’évêque local accompagnait souvent une demande de projet, sans être un élément indispensable du processus d’approbation à D&P. Cependant, non seulement est-ce un droit pour l’évêque du lieu d’être consulté, il y a là aussi une affaire de courtoisie. Un évêque canadien n’en attendrait pas moins d’une agence catholique de l’extérieur qui voudrait travailler dans son diocèse. Pourquoi les diocèses du Sud global ne devraient-ils pas être traités de la même façon en tant que partenaires de D&P?  Dans les situations d’urgence, où il faut agir plus rapidement et suivre des procédures plus simples, la CECC accepte que Développement et Paix demande plutôt conseil à la conférence épiscopale ou à l’agence Caritas du pays en cause. Quelle que soit l’origine de la contribution des autorités de l’Église locale, elle assure Développement et Paix et toutes les personnes qui l’appuient que le projet en question pourra compter sur une forme d’appui au plan local. De ce fait, Développement et Paix saura pouvoir compter sur l’ouverture des autorités de l’Église locale. Ce qui atteste aux catholiques canadiens comme au diocèse du Sud global qu’ils sont vraiment unis dans la foi et la solidarité. Par ailleurs, comme l’a relevé le personnel de Développement et Paix, la participation des évêques locaux du Sud global devient aussi l’occasion pour l’OCCDP d’associer tous les évêques du Canada à ce que le Pape Benoît appelle « le développement humain intégral ».

Dans l’article du 23 avril, Proximo et le Père Lacaille critiquent « des blogues catholiques anglophones » et « certains sites Internet canadiens ». Que la critique qu’ils formulent soit fondée ou non, le fait est que toute l’Église et toute la société doivent relever aujourd’hui un énorme défi en matière de communication. Les « médias sociaux » offrent de nouvelles façons, emballantes, de partager l’information et d’échanger des points de vue. Mais comme toute forme de communication, qu’elle soit socialement « conservatrice » ou « progressiste », ils peuvent aussi manipuler et induire en erreur, diffuser des conclusions simplistes voire erronées. Les évêques du Canada ont conscience du potentiel de ces outils aussi bien que de leurs dangers. À leur Assemblée plénière 2009, une séance spéciale en soirée a été consacrée aux conséquences pastorales des blogues et des sites Internet, aux possibilités nouvelles qu’ils offrent mais aussi à leur radicalisation et à la division qu’ils peuvent introduire dans le discours et les relations sociales et ecclésiales. C’est pourquoi la CECC travaille à instaurer un climat plus positif, qui  permettra, il est à espérer, de dialoguer avec l’un ou l’autre au moins des groupes en cause. Mais une grande partie de la solution consistera pour les institutions et les agences ecclésiales à être plus efficaces dans leur usage des médias sociaux et à veiller à y faire une place non seulement à divers points de vue catholiques mais aussi à l’autorité enseignante de l’Église – que sont le pape et les évêques. Aussi la CECC va-t-elle bientôt adopter une nouvelle approche de la technologie des communications et de l’information. Il y en aura plus à dire à ce sujet dans les semaines qui viennent.

Contrairement aux accusations du Père Lacaille rapportées dans l’entrevue à Proximo,  il est clair que la Conférence des évêques catholiques du Canada s’efforce par tous les moyens de voir à ce que l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix affermisse et revigore son rôle, tout en continuant l’excellent travail qu’elle accomplit dans le monde d’aujourd’hui.

Le 4 mai 2011

 
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